Camino – Gustavo Santaolalla

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Je devrais détester ça. Je n’aurais même jamais dû écouter ce disque. Un nom à consonance espagnole, une guitare sèche aux accents mélancoliques. Manitas de Plata qui joue Jeux interdits rien que pour moi et me voilà replongé dans mes cauchemars de gamin quand le mardi soir, plus ou moins deux fois par mois, Antenne 2 repassait ce tire-larmes épouvantable avec Brigitte Fossey, pauvre gamine courant après ses parents morts sur une musique abominablement triste… Depuis, je me méfie de la guitare sèche et de ses vertus lacrymales, que j’associe également volontiers aux jours de brouillard de mon enfance, quand perdu dans mes pensées, le nez collé à la fenêtre humide, j’attendais, accablé, la fin du Concerto d’Aranjuez qui n’en finissait pas de tourner sur le mange-disque familial.

Bref, la guitare sèche seule, la classique, celui qui exige qu’on se laisse pousser des ongles de sorcière pour la gratter, ne m’a jamais inspiré rien qui vaille.

C’est pourquoi je suis resté tout con à l’écoute de ce Camino aux accents mélancoliques et à l’univers proche d’un Arvo Part prêt à s’enfoncer dans des bois enneigés. Triste mais pas toujours, souvent brumeux, inspiré, lumineux par moments.

Cet album me ferait volontiers penser à la bande annonce d’un film contemplatif (encore un peu trop gai pour Nuri Bilge Ceylan). De fait, Gustavo Santaolalla, célèbre compositeur argentin, a déjà obtenu deux Oscars de la meilleure musique de film pour ses collaborations avec Iñárritu (Babel) ou Ang Lee (Brokeback Mountain).  Santaolalla est donc un peu le Yann Tiersen de la Pampa et son album a bercé mon été de façon plutôt inattendue. Bon, évidemment, je ne l’ai jamais joué en voiture, les petits m’auraient jeté des pierres, ce qui est assez dangereux malgré tout. De là à me réconcilier avec la guitare classique, il y a encore un peu de chemin à faire mais avec ce camino, je suis sur la bonne voie.

Je sais, ces jeux de mots sont pathétiques. Je lis peut être l’Equipe un peu trop souvent. Ah oui, dernière chose, le clip est cucul au delà du raisonnable, fermez les yeux ou votre écoute risque d’en être affectée.

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