Hippocrate – Thomas Lilti

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Hippocrate-Affiche-2-France

 Je me suis fait avoir comme un bleu. Après avoir réussi, au cours des quinze dernières années, et au prix d’efforts incommensurables pour passer entre les gouttes, à soigneusement éviter TOUS les épisodes d’Urgences, Grey’s anatomy et Docteur House – Je DETESTE en bloc (opératoire, pardon c’est nul) le concept du spectacle hospitalier – J’ai relâché ma vigilance le temps d’une séance. Je ne me suis pas méfié, même pas rencardé (Il y avait quand même un indice dans le titre. Et sur l’affiche). J’ai juste signé un chèque en blanc à Vincent Lacoste, le néo Bernard Menez surdoué (la ressemblance est frappante), sans savoir de quoi parlait le film. Oui, oui, je suis un peu con sur ce coup-là.

 Vincent Lacoste, le George Clooney français ? Ou le Patrick Dempsey ? Fallait oser. Le film se veut une interrogation sur la vocation médicale « C’est pas un métier médecin, c’est une malédiction », à travers les doutes et les erreurs d’un jeune interne. Vincent Lacoste, Benjamin, débarque dans un service et apprend son métier de médecin au milieu des autres internes, des infirmières, des aides-soignants, des patients. Erreurs de diagnostic, négligences, décès, familles, douleur, soins palliatifs, accompagnement, tout est là dans un portrait ultra-réaliste du monde hospitalier. Le manque de moyens, d’effectifs, l’injustice, l’acharnement thérapeutique, tout y passe. Quelques belles scènes, certaines assez impressionnantes et proches du documentaire mais au final, pour moi, le soulagement du générique de fin.

 Hippocrate est un film très classique au scénario plutôt convenu. Beaucoup de bons sentiments, de gentils clichés, un discours social engagé sur la politique du profit qui dépouille l’hôpital de ses moyens.

 Je sais qu’on va me dire que le film est nécessaire, qu’il sert une cause essentielle avec beaucoup de justesse. Evidemment ! Comment ne pas être d’accord avec le propos du film ?

 Mais la vérité c’est que je m’en fous ! Je n’étais pas venu voir un documentaire, apprendre comment faire une ponction lombaire et passer une heure trente dans un service de réanimation ! Ce que je critique, c’est le manque de cinéma dans l’histoire. Certains seront subjugués par cette immersion ultra réaliste dans le monde médical. Moi, j’y ai un peu étouffé. Et je continue de m’interroger sur le plaisir qu’on peut trouver à considérer la douleur et son traitement comme un spectacle.

 A la fin, je crois que je préfère encore La clinique de la forêt noire.