Habemus piratam – Pierre Raufast

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J’adore mon boulot. C’est comme faire le tour d’une maison cadenassée et y trouver une fenêtre laissée ouverte par mégarde. Jubilatoire.

Il y a un truc avec Pierre Raufast, un truc de l’ordre du petit sourire en coin. Le gars s’amuse avec son lecteur, l’embarque avec lui façon magicien (Sylvain Mirouf, sors de ce corps) et le lecteur s’en réjouit bien sûr. De la littérature joyeuse et pas niaise, le genre de livre que je pourrais offrir à quelqu’un qui a renoncé à la lecture au profit de youtube et des séries parce que les livres « c’est la pire des punitions » – La citation est de mon fils, Première ES.

Un peu espiègle – mot désuet qui ne compte même pas triple, très loin de l’autofiction germanopratine, de Angot ou de Simon Liberati, Pierre Raufast nous raconte des histoires. Des putain d’histoires de conteur hors pair, des petites tranches improbables – et c’était déjà le cas dans son premier roman La fractale des raviolis – qui se superposent façon sandwich et nous donnent envie de dévorer ses romans, je les ai tous adorés, comme on se jette sur son plat préféré, regrettant amèrement la dernière bouchée, léchant avec déjà une pointe de nostalgie l’assiette pour ne rien laisser à l’oubli.

Habemus Piratam, digne successeur des autres romans de Pierre Raufast,  le quatrième depuis 2014 – le gars écrit presque aussi vite qu’Amélie Nothomb – est un conte de notre temps. Un roman d’aventures où l’on rencontre le nouvel Arsène Lupin, celui qui s’introduit dans le cœur de ses victimes, qui pénètre leur cerveau numérique, leur disque dur externe, qui joue avec leurs certitudes et leurs secrets ultra-protégés. Alexander est un pirate informatique pour qui rien n’est impossible. Du vol d’un tableau au Louvre à celui du manuscrit le plus protégé au monde, le hacker se balade et joue des tours à la Houdini, attire ses proies dans des pots de miel virtuels pour mieux les piéger et s’enrichir déraisonnablement.

Mais Alexander a des remords, il faut bien croire qu’il a des remords puisqu’il décide de se confesser, là-bas dans la paisible vallée de Chantebrie auprès de Francis, ce prêtre plutôt moderne qui s’ennuie un peu avec ses paroissiens tellement sages (quoique cette histoire de culotte quand même…). Le pirate va et vient sans trop prévenir, passe à confesse, raconte ses histoires extraordinaires et disparait plus vite que la Vierge à Lourdes. Mystère. Alors, riche de toutes ces récits incroyables, Francis le prêtre creuse et vérifie, passe ses soirées sur le net, cherche ici et là des informations supplémentaires. Et se fait repérer. Car non, Alexander Houdini n’a pas que des amis et les jours paisibles de la vallée de Chantebrie pourraient bien être comptés.

Que c’est malin…jusqu’à la fin, vraiment, Pierre Raufast joue au chat et à la souris, s’amuse avec les mots, avec les références – à ses romans précédents notamment, avec la lettre W du scrabble, celle qui emmerde tout le monde, et c’est jouissif. Alors c’est décidé, je vais offrir Habemus Piratam à mon cher première ES, trois poils sous le menton, qui ne jure que par les Gunners d’Arsenal et Romeo Elvis. Et il a intérêt à le terminer celui-là.

Habemus piratam, Pierre Raufast, éditions Alma

5 commentaires

  1. ah ben quand même! mon agrégateur de flux était sur le point de te supprimer … bon cette fois, il n’y a pas d’Eva S. qui fait des cochonneries dans une piscine?

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