The Master – Paul Thomas Anderson

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Un seul film en janvier…Je sais, on a loupé notre début de saison. La faute aux galettes des rois, à la neige, au travail un peu quand même.
Un seul film, il fallait bien le choisir. Le Tarantino, le Bigelow ou une comédie à la française ? Le premier, c’est toujours pareil, on ne veut pas le louper, de peur qu’il porte la poisse pour l’année. Ça en éliminait deux ou trois d’emblée. Finalement, le choix s’est porté sur un poids lourd, le film de Paul Thomas Anderson, dont on avait beaucoup aimé le « There will be blood » et bien sûr « Magnolia », dont Marion gardait un souvenir particulier. Et puis on ne contredit pas une femme enceinte jusqu’aux dents donc c’est elle qui a choisi !
« The Master » donc. Tout d’abord, le film est porté par une photographie incroyable qu’on ne retrouve que rarement à ce niveau de perfection. Certains plans sont des tableaux et on pense parfois à Terence Mallick.
« The Master », c’est aussi la performance époustouflante de Joaquin Phœnix, vétéran flingué par la guerre dans le Pacifique qui rentre au pays traumatisé et dans état psychologique proche de la folie. La caméra le suit dans ses errements et guette le point de rupture à travers des scènes où la tension est permanente.
Son personnage rencontre Lancaster Dodd (joué superbement par Philip Seymour Hoffman). Une sorte de penseur philosophico-scientifique, leader d’un mouvement appelé « La cause » et qui pourrait vaguement évoquer la Scientologie… Phœnix (enfin Freddy, son personnage) tombe sous sa coupe et c’est une bien étrange relation qui se met en place. Une relation de maître à disciple ou de maître à esclave, c’est selon.
Un gourou n’existe que si son emprise est absolue. Le doute n’est pas permis. Toute objection de la part d’un adepte est un danger que le maître se doit d’évacuer aussi rapidement et fermement que possible. Prendre le contrôle d’une autre personne, d’un groupe entier. Les mécanismes pour y parvenir, le sujet est fascinant.
Mais qui est le véritable maître ? Le pouvoir de l’esclave est finalement aussi tyrannique et absolu que celui du maître supposé. Sans lui, sans son consentement, pas de domination. Donc pas de maître. Et c’est là que réside tout l’intérêt de l’œuvre.
Le film est beau, âpre et parfois vaguement confus mais c’est un vrai moment de cinéma. A recommander sauf si on cherche plutôt un sujet léger mais, tout va bien, l’année cinéma commence parfaitement !

One comment

  1. Rien que pour les 40 premières minutes – du beau, du vrai, du décalé- on déguste un magnifique moment de cinéma… Après, l’enlisement guette mais la maîtrise gagne toujours… Le maître, c’est clair, c’est Anderson!

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