Lincoln – Steven Spielberg

LINCOLN-Affiche-France   Attention, monument annoncé.

Sujet sacré par un monstre sacré. Le piège inextricable.
Peut-on critiquer un film dont le propos est aussi noble (l’abolition de l’esclavage aux Etats-Unis), sans passer pour le dernier des cyniques ? Peut-on oser dire que ce film, très dense et à l’interprétation spectaculaire, réalisé par le maître absolu d’Hollywood, est aussi chiant qu’un jour de brouillard humide dans la Meuse ?
Bien sûr qu’on a le droit de le dire. C’est même un devoir que d’oser donner son avis même s’il ne va pas dans le sens de l’immense majorité des critiques. Alors voilà, c’est dit, je me suis ennuyé en regardant le Lincoln de Spielberg. 2h30 de palabres qui relatent la bataille politique que Lincoln livra au Congrès pour faire voter l’abolition de l’esclavage en 1865. Evidemment la question est essentielle. Elle est même fondatrice.
Evidemment, Daniel Day Lewis est absolument extraordinaire en Lincoln et sa ressemblance physique avec l’ancien président est troublante. Evidemment, tout est maîtrisé, propre à l’extrême. Rien ne dépasse, Spielberg connait son affaire.
Et c’est bien là le problème. Tout le monde s’est empressé de saluer la sobriété de la réalisation POUR un Spielberg. On n’a pas jugé le film en tant que tel, on a critiqué un film de Spielberg, en tenant compte de tout ce qu’on pouvait attendre de lui. C’est ce qu’on appelle un préjugé et c’est le contraire d’une critique. Si on rajoute à cela un sujet aussi universel que l’esclavage, on tombe dans un piège inextricable. Film incritiquable.
Je me permets juste de dire que je me suis ennuyé dans ces huis-clos sombre et enfumé. Bien sûr, j’ai appris plein de choses, sur la fin de la guerre de sécession, sur les démocrates de l’époque (qui ressemblent à s’y méprendre aux républicains d’aujourd’hui), sur l’Amérique en général mais…
Je reste tout de même étonné par le concert de louanges que ce film TRES TRES classique a déclenchés. Pas une seule surprise dans la réalisation, la petite musique supposée poignante au bon moment (le clairon solitaire à la « Danse avec les loups »), les plans qui se resserrent sur le visage de DD Lewis quand il assène une vérité historique devant un auditoire subjugué, tout est là…
A la fin (interminable), je trouvais même que DD Lewis forçait trop le trait et commençait à ressembler à un personnage de Tim Burton. Il était temps qu’on aille dîner…

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