Minuit dans une vie parfaite – Michael Collins

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Le dernier roman en date de l’auteur irlandais exilé aux USA. Celui-là même qui m’avait émerveillé il y a quelques années avec le très noir Les âmes perdues. Un roman sombre comme son héros, un flic solitaire et paumé au cœur de l’Amérique profonde.

Forcément, quand un auteur vous a à ce point marqué à son premier essai, vous cherchez à renouveler l’expérience, à vous plonger sans restrictions dans son univers, à vous laisser entrainer.

Minuit dans une vie parfaite était donc une promesse avant tout.

Une promesse non tenue.

Nous sommes dans les pas de Karl, un écrivain frustré. Un auteur qui a publié deux fois et qui s’est empêtré dans un nouveau roman dont il espère beaucoup mais dans lequel il se noie. Une mise en abîme ? Sans doute. Tous les auteurs ont leurs doutes, tous passent par des moments compliqués où l’inspiration les quitte et la réalité du monde se rappelle à eux. Karl mène une vie médiocre. Sa carrière ne prend pas le tournant espéré, il devient nègre pour un auteur de polars à succès. L’association de deux âmes perdues ? « Pour moi il s’agissait moins d’une réussite inespérée que d’une dernière chance de faire entendre ma voix, mon timbre, dans un constat d’échec commun ».

La mère de Karl est mourante, la relation conjugale de l’écrivain est faite de crises récurrentes et de réconciliations tièdes. Et maintenant, sa femme Lori veut un enfant, à quarante-cinq…Lui suit le flot sans jamais réellement choisir. Tout est décevant, tout est terne. Un univers  médiocre  et le constat précoce d’une vie ratée où toutes les éclaircies se transforment en ciel gris.

Et le lecteur dans tout ça, où est son intérêt ? Karl s’enfonce inexorablement chaque jour un peu plus. Aux confins de l’ennui, il explore ses fantasmes, beaucoup plus voyeur qu’acteur. C’est l’histoire de sa vie, une vie passée sur le bord de la route à regarder les autres passer…A part cette fois où il n’a pas supporté de voir…

« Il en allait peut-être de même avec la vie, me dis-je, à la limite avec des époques entières ; on cherchait désespérément à comprendre, puis à la fin, on était déçu. »

Au final, Minuit dans une vie parfaite est un roman très maitrisé que je n’ai pas pris de plaisir à lire. Un éloge de la médiocrité, très juste mais malheureusement un peu vain.

Bref, une déception à la hauteur de l’attente que l’auteur avait su susciter chez moi.

Minuit dans une vie parfaite, Michael Collins, éditions christian Bourgeois.

 

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