Mud – Jeff Nichols

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Depuis la sortie de Take Shelter, l’an dernier, on guettait nerveusement  la sortie du nouveau film de celui que la critique avait consacrée comme le digne héritier de Terence Malick. Il faut dire que Take Shelter avait tout du chef d’œuvre. Un cheminement de la folie, une tempête sous un crâne qui foutait autant les boules que les orages qui se déchainaient dans le ciel du middle-west. Le top.

Un an après, Jeff Nichols, le trentenaire surdoué est revenu avec Mud, une histoire de gamins qui découvrent la vie, l’amour et la violence à travers leur rencontre avec un gars un peu paumé (Mathew Macconaughey). Les deux gamins, pendants modernes de Tom Sawyer et Huck Hulberry Finn, vivent en Arkansas sur les bords du Mississipi. Ils mènent une vie vaguement misérable au rythme de la rivière, dans le bayou.

Tout sent l’Amérique profonde, celle du sud, celle un peu crade que célébraient Mark Twain ou Faulkner. On pense à Jarmush aussi et Dawn by Law, on imagine Tom Waits au coin de la rue. L’Amérique des Etats du sud, le côté sombre de l’Oncle Sam, tellement plus touchant que son côté brillant.

L’histoire est belle, le scénario bien ficelé, un bon thriller bien fichu. Et pourtant, alors que l’émotion dans la salle est palpable, je ressors un peu frustré. Il me manque quelque chose. Ce ne sont pas les acteurs qui sont décevants, les gamins sont incroyables, surtout celui qui joue Ellis (Il ressemble à Sophie Marceau dans la Boum), tout est en place…Peut être un peu trop justement. Le film est classique et réserve finalement assez peu de surprises. Les ressorts scénaristiques sont un peu trop convenus à mon goût, les méchants sont très vilains et ressemblent vraiment à des méchants…Parce que Take Shelter était super fin, je m’attendais sans doute à un film tout en nuances et j’ai été un peu déçu par la grosseur de certaines ficelles.

Peut-être que le montage n’a pas laissé assez de place aux silences et aux temps morts. Il y avait beaucoup à dire en deux heures avec un scénario aussi riche, et peut-être qu’à l’instar de certains films de Malick, Mud et sa photo sublime auraient mérité un rythme un plus lent.

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