En ville – Christian Oster

en-ville-christian-oster-9782879297781_gif

Attention ! Passage d’un convoi de parisiens bourgeois, quinquagénaires  dépressifs à tendance fortement nombriliste et furieusement chiante.

Christian Oster…c’est peut-être la quasi homonymie avec son homologue de Brooklyn, Paul A, qui m’avait attiré la dernière fois… J’étais passé au travers de son précédent roman, Rouler, comme on parcoure une route isolée dans le brouillard. J’en étais ressorti avec un sentiment mitigé, mais finalement pas si mal, avec l’impression que l’auteur maitrisait comme personne l’art de la confusion des rapports entre adultes dépendants au prozac. J’avais refermé Rouler avec un goût bizarre dans la bouche, comme si je venais moi aussi d’avaler une plaquette d’anxiolytiques. Certains passages était beaux et nébuleux comme une vieille photo de David Hamilton (les mannequins en moins). On aurait dit du Modiano sur certains passages. Donc, quand En ville est sorti, je ne me suis pas méfié. Et j’ai resigné pour une plaquette de Prozac.

« Personnellement, je ne crois pas trop au Nurofen, m’a dit le taxi. Et vous croyez à quoi ? lui ai-je dit. A rien, m’a répondu benoitement le taxi. »

Bienvenue au cœur de l’ennui,  de la platitude des rapports humains, de la médiocrité quotidienne érigée en tant que fil conducteur de toute une vie.

Nous sommes avec Jean, le narrateur, quinquagénaire désabusé, égoïste, qui n’aime rien, qui ne décide de rien, qui se laisse porter par une dépression qui ne dit pas son nom. “De temps à autre, je rencontrais une femme qui m’accompagnait un bout de chemin. Parfois c’était moi qui l’accompagnais. A un moment, l’un ou l’autre se lassait ».

Ses amis sont comme lui, pas heureux, ternes et ennuyeux. « Remarquez, je ne vous écoute plus tellement, a dit William d’une voix pâteuse. J’apprécie moyennement votre conversation. D’ailleurs, je dors. Il s’est endormi. » Un petit groupe de six personnes qui se supportent plus qu’ils ne s’aiment. Qui se côtoient, mais pas vraiment, qui prévoient de partir en vacances ensemble, comme tous les ans, mais sans aucun enthousiasme, surtout pas…

Christian Oster, c’est sûr maintenant est particulièrement doué. Il sait décrire, à la perfection, ces longueurs interminables, ce dérangement perpétuel que constitue la présence de l’autre. Des gens aigris qui n’attendent rien, sinon qu’on ne les dérange pas dans le semi-coma égoïsto-bourgeois dans lequel ils se sont installés. En ville est une description juste d’un univers dont je ne veux rien savoir. Un roman sans histoire, ni scénario, l’observation de vieux cons dans leur milieu naturel.

Bon. Je passe à autre chose.

En ville, Christian Oster, éditions de l’Olivier

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s