Defend yourself – Sebadoh

sans-titre

Comment ça Sebadoh sort un album? Il resterait donc des survivants sous les gravats du grunge ? Je croyais qu’on avait arrêté les recherches depuis longtemps ! Apparemment, non car les Sebadoh bougent encore et sortent leur premier album depuis 14 ans, imaginez donc…14 ans…une génération musicale. Qui va bien pouvoir intéresser le retour de ces dinosaures grunges dont on croyait les derniers représentants morts de chagrin sur la tombe de Kurt Cobain ?

Moi, ça m’intéresse. Parce que Sebadoh a toujours été plus fin que les autres et que Lou barlow n’a jamais été une caricature de rockeur périssable. Lou Barlow, c’était la moitié de Dinosaur Jr, c’était la célébration du rock et des cheveux  gras, des guitares débordantes, souvent saturées et du calcul marketing zéro. La sueur pour la sueur. Magnifique. Alors quand Lou Barlow est arrivé avec son nouveau groupe, Sebadoh, en 1989, moi, j’ai suivi. D’autant que le groupe avait signé chez Sub Pop. Chèque en blanc.

Je me suis enivré des albums Bubble and Scrape et Bakesale, que j’écoute encore régulièrement. Et puis, la sagesse, ou plutôt la fin de l’adulescence approchant, j’ai lâché l’affaire. Comme on laisse parfois ses copains de lycée sur le bord de la route. « C’est la vie », comme disent nos amis anglais.

Sebadoh ressort un album donc, et  revient titiller le gène de la mémoire et de la nostalgie. Ces gars-là ont vieilli en même temps que moi. Quelle énergie les anime encore ? Que vaut un rockeur poilu en chemise de bucheron après 14 ans d’hibernation ? J’ai écouté pour savoir. Et j’ai adoré ce que j’ai entendu.

Defend yourself pourrait être le premier ou le deuxième album d’un groupe tout neuf. On se dirait que ce petit combo est prometteur et on se dépêcherait de l’oublier ou de le remplacer par un groupe encore plus neuf et plus cool. Parce que ça marche comme ça. Le rock est éphémère par définition.  Malgré ses exceptions notoires (Rolling Stones et quelques autres), le rock et les groupes qui le portent se doivent de mourir avant la date de péremption, sous peine d’être enterrés vivants et ridicules. C’est comme ça. Alors voir ressurgir des catacombes un groupe qu’on avait oublié il y a quinze ans, et en pleine forme qui plus est, voilà qui relève presque de la culture zombie…

Ce Defend yourself a donc tout ce qu’il faut où il faut. De l’énergie, des rythmes bien lourds et bien lents (Defend yourself, ou Beat ne peuvent s’écouter qu’en faisant le pigeon avec la tête). Il y a du Husker dü chez ces gens-là, du headbanging dans tous les coins, des trucs du passé, bien entendu et puis de la modernité et de la finesse. Un savant mélange de plein de choses, comme avant, et puis une balade folk  même pas niaise (Listen).

Allez, je vous laisse, j’ai une kro à décapsuler avec les dents.

http://www.youtube.com/watch?v=TanG2KNZvbE

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