Nombril Book awards 2013 – 1

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Dernier retour sur l’année 2013, un retour littéraire cette fois, perdu dans les vapeurs d’alcool, la bouche encore pâteuse des excès d’hier soir, de vagues souvenirs de chorégraphies honteuses sur des titres qui auraient dû rester oubliés jusqu’au siècle prochain, (François Feldman, rien que pour toi quand même… l’alcool ne peut pas tout expliquer…) je me lance à l’assaut de la montagne littéraire.

De tous les bouquins qui sont passés entre mes mains, j’ai tiré pas mal de satisfactions, quelques déceptions bien sûr, beaucoup d’émotions. Je me suis parfois ennuyé, rarement au point d’abandonner. C’est arrivé une fois, à l’automne. Jai lâché Arden de Frédéric Verger à la page 100 et je ne l’ai pas repris en main. Il était d’ailleurs tellement lourd qu’il a cassé un carreau de la cuisine, c’est dire. Pour le reste, même si certains bouquins m’ont paru un peu pénible à suivre par moments, je pense notamment au Roman du mariage de Jeffrey Eugenides, l’année a été bonne et souvent passionnante.

Allez, un citrate de betaïne et c’est parti, distribution des prix :

Le prix du roman Français tout d’abord. Beaucoup de belles choses, un beau Goncourt avec Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre qui récompense une écriture populaire de qualité. Des confirmations, oui J’adore Jean-Philippe Toussaint et Sorj Chalandon, et une découverte, je n’avais pas lu son premier livre chez Alma, Arnaud Dudek et son roman chorale, Les Fuyants, très beau portrait sensible d’hommes fragiles autour du thème de la filiation. Sans pour autant être des salopards, cachés derrière une maladresse faite de silences et de malentendus, les hommes sont parfois faibles : « Jacob avait mis  du temps à réunir assez de courage pour être lâche. Ou l’inverse. Il a fallu plusieurs tentatives, plusieurs fausses sorties ». Je lisais Les fuyants alors que l’été s‘achevait, que les lumières changeaient. L’automne s’apprêtait à pointer son nez et dans mes écouteurs, Albin de la Simone répétait à qui voulait l’entendre :Je coupe du bois l’hiver en forêt, la sueur au front dans le vent glacé.Torse nu, la hache en grands moulinets, souvent je me cache je sais pas pleurer.Je braise et découpe, grille au tournebroche, préside à la soupe les mains dans les poches.Je suis un homme, c’est vrai, je suis un homme et tu m’aimais. Qu’on se le dise, les hommes sensibles sont de sortie. Arnaud Dudek, donc, prix du Livre Nombril made in France. Dudek, l’homme qui avait tout compris aux hommes.

Prix n’imp. J’ai déjà parlé d’Arden que d’autres ont porté aux nues. Lapocompris ou comment dégouter de la lecture même les plus vaillants. N’imp rigolo, Le fakir qui était resté coincé …Grosse déconade vaguement alter mondialiste à couverture jaune pétant aussi visible à 200 mètres qu’un gilet fluo sur une autoroute. Pour lendemains de cuite uniquement. N’imp absolu et prix N’imp 2013, Marcela Iacub et son Belle et bête, récit tout de même légèrement putassier ou comment fricoter avec le cochon d’or et venir se plaindre ensuite de sentir le graillon. Pas beau, pas bon, pas bien.

Prix c’est le noooord (Hommage à Galabru) du meilleur roman scandinave. J’en ai adoré deux et je suis bien embêté à l’heure du choix. La femme à 1000° d’Hallgrimur Helgasson et La lettre à Helga de Bergsveinn Birgisson  se partagent le prix et tant pis si je ne choisis pas, de toute façon il n’y avait rien à gagner et la récompense reste en Islande, terre vulcano-ovine où les écrivains et les musiciens représentent la moitié de la faible population. La lettre à Helga est une déclaration d’amour d’une beauté remarquable qu’écrit un vieil homme à la femme de sa vie alors qu’il s’apprête à mourir. Les regrets, le passé, la lenteur, l’incroyable beauté rude des paysages évoqués, cette lettre m’a laissé sans voix. La femme à 1000° est une épopée punk portée par une vieille narratrice en phaseterminale, allongée sur un lit de fortune dans un garage de la banlieue de Reykjavik. Elle revoit sa vie, un ordi sur les genoux, balance le monde à tours de bras d’honneur, falsifie le profil FB d’anciennes miss, et s’en va dans un souffle, la clope au bec et la poésie au vent. Magique.

La suite après un alka seltzer.

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