Voyages en absurdie – Stéphane De Groodt

 

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J’ai voulu repartir léger, digeste. J’ai voulu éviter le poids lourd pour la rentrée. Mon premier bouquin de l’année serait donc un recueil de chroniques; Un truc que je pourrais déguster à moitié distrait, ti-punch en main, jambes croisées, avachi dans mon fauteuil tout en observant un bon feu de bois. Le bouquin idéal pour un retour aux affaires en douceur.

Je croyais savoir ce que Stéphane de Groodt  faisait dans la vie. Je me trompais :

Jeudi c’est l’anniversaire de Bernard Tapie. Notion toute relative puisqu’il aurait septante ans en Belgique, soixante-dix ans en France, Milan en Italie, Sète dans l’Hérault, Troyes dans l’Aube, avec de légères ondées matinales sur la Corse. Bonsoir et à demain.

Stéphane de Groodt est le dragster du calembour, le Ben Johnson (ou Lance Armstrong) de la blague. A part François Hollande, personne en France n’ose autant de jeux de mots, même pas Laurent Ruquier qu’Il réussit presque à faire passer pour le frère mormon de Jean-Marc Ayrault…Trois jeux de mots à la phrase, c’est le tarif. Et moi, ça m’épuise. De Groodt fait des chroniques à la télé, esprit Canal. Evidemment c’est très bien écrit, c’est surtout TRES écrit.  Il s’invente des entretiens avec les grands de ce monde, et il dérive au fil de ses bons mots. Pas particulièrement de fil conducteur ni de message, A vos marques, One, two, three , four, c’est parti pour deux minutes de sprint : JMLePen : Je parTITO, enfin je partis Franco…je partis unique quoi, sur les chapeaux de Rhur) (Il était vraiment en führer. Ou encore à propos de Benoit XVI : Il me proposa d’aller déjeuner dans la taverne de maitre Cantiques, c’est à deux papes de là. C’est plus près, donc moins Vaticant pour lui.

Rien de grave, tout cela est sans doute très drôle, moi ça me fatigue…mais alors à un point…

Les chroniques se suivent, je m’enfonce dans le fauteuil, un vague mal de crâne m’envahit. Je sors de ma torpeur de temps à autre à la faveur d’un vrai bon mot: En ce dimanche, jour du Seigneur oblige et jour des seniors au bridge. Et puis de Groodt recommence et la migraine s’installe. A propos de Mitt RomneyC’est la goutte qui fait déborder le vase, il en a mar-Mitt ! il se met alors dans tous ses états, cinquante, quand même, s’excite au point de faire un malaise, et paf, le Mitt s’effondre !

De Groodt est un surdoué du verbe, je n’arrive pas à tenir son rythme, c’est tout. C’est un peu comme le caviar et la truffe. On en adore le goût (enfin, j’en suis encore à l’imaginer pour le caviar) mais on ne peut pas en avaler plus d’un bouchée…écœurés.

Ces chroniques ne se lisent donc pas. Elles s’écoutent, au hasard de leurs diffusions. On les déguste et on les laisse pour mieux les apprécier.

Chat bite encore avec maman, dans un très vieil appartement. Voilà comment il décrit DSK, Place des Vosges à son retour de New-York…Ce gars peut-être hilarant. A dose homéopathique, surtout pas en intraveineuse.

Voyages en absurdie, Stéphane De Groodt, éditions Plon

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