Lulu femme nue – Solveig Anspach

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A semaine compliquée, remède obligatoire. En cinéma, ça s’appelle le « feel good movie », genre que je pourrais fuir naturellement étant données mes prédispositions naturelles à certain cynisme structurel. Il suffit qu’on veuille me vendre du rêve en boite, de la pommade en tube estampillée bons sentiments pour que je fuie, je snobe et je critique.
L’affiche m’avait mis en alerte, mais les notes sur Allociné étant aussi hautes que le moral était bas, nous nous sommes laissés tenter par cette histoire de femme sensible, perdue dans une triste vie de ménagère malheureuse, qui choisit un beau jour d’hiver, à Saint Gilles Croix de vie, Vendée, après un entretien d’embauche désastreux, de ne pas rentrer chez elle.
Une errance poétique, vagabonde et un retour à la vie au gré des rencontres, belles rencontres, qui lui ouvrent les yeux, lui redonnent le sourire et lui montrent le chemin du bonheeeeeeur………………………………
Voilà, voilà. Vous l’avez compris, trop de bons sentiments tue les bons sentiments. Et pourtant tout n’est pas à jeter dans ce Lulu femme nue. Le film est plutôt fin, pas hâbleur. Solveig Anspach prend son temps, filme les regards et les silences. La rencontre entre Karin Viard et Bouli Lanners est superbe, racontée avec justesse. L’acteur belge, à contre-emploi, est même carrément charmant, voire séduisant en loser ordinaire. J’ai passé la première partie du film le sourire aux lèvres, grâce aux personnages secondaires, notamment les frères de Bouli Lanners, hyper drôles. Certaines scènes m’ont rappelées le cinéma de Jarmush, époque Mystery Train. Hôtels pourris, concierges lunaires et puis virées hors du temps.
J’aurais voulu que le film s’arrête à mi-chemin. Parce que la deuxième partie est moins forte, qu’elle vire à la caricature, que Solveig Anspach appuie un peu trop fort sur le côté Bisounours de la cause. Les gentils sont très gentils et les méchants très prévisibles…
Au final, un moment agréable, pas impérissable. Un bon feel good movie à regarder un jour de pluie, blotti dans une couverture au coin du feu. C’est déjà ça.

2 comments

  1. c’est vrai que la BD était plus subtile , grâce en partie au procédé narratif en flash-back et la narration par des tiers ; mais quel casting ! Mention spéciale aux frangins , superbes pieds nickelés…

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