Desports- Magazine

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« Le premier magazine de sport à lire avec un marque-page »

J’avais déjà un peu évoqué le sujet l’autre jour, quand j’avais parlé de So Foot mais Sport ne rime pas nécessairement avec  stupide, hooligan et beauf. Sports et Culture peuvent même cohabiter pour le meilleur et Desports a toutes les chances de faire fuir les Thierry Roland (Feu,RIP, etc…) ou les Candeloro de ce monde avant les intellos à cul de bouteille et les rats de bibliothèque. Desports est un croisement heureux, le mariage de deux mondes qui avaient pris l’habitude de se regarder un peu de travers. N’ayez pas peur, Desports n’est pas le café du commerce et les pensées profondes, de Patrick Montel, Nelson Monfort, Virenque ou Ribery ont peu de chance d’y trouver bonne place.

Trois numéros par an,  de près de 300 pages façon Mook, couverture cartonnée, à ranger dans sa bibliothèque quand on en a terminé avec tous les articles et les dossiers traités. Tellement beaux que c’est presque dommage de le lire aux toilettes.

Trois numéros déjà parus et des heures de lecture…au hasard des numéros :

Gilles Deleuze et le tennis-Le football selon Pier Paolo Pasolini- L’histoire extraordinaire de l’entraineur de la plus mauvaise équipe du monde, l’île de Pohnpei au milieu du Pacifique, ancien protectorat américain peuplé de 34000 obèses nourris aux boites conserves ricaines…- La face très sombre de Jean Marie Balestre, qui fera tout son possible pour effacer son appartenance à une section SS… et conquérir la présidence de la FISA- Des citations à tout va de Mohamed Ali « Si tu fais un rêve dans lequel tu me bats, tu ferais mieux de te réveiller et de t’excuser », de Zlatan« Zlatan, vous avez deux garçons ? »  « Oui les vrais hommes font des hommes » De McEnroe face à Tomas Smid « Tu vas regretter de m’avoir foutu cette balle dans la gueule putain de communiste de mes deux » ou encore de George Best «  J’avais une maison au bord de la mer. Mais pour aller à la plage, il fallait passer devant un bar. Je n’ai jamais vu la mer »– L’histoire dingue de Sohn Kee-Chung, coréen rebaptisé Kitei Son en 1936 par les japonais qui le font courir et gagner le marathon à Berlin avec le maillot de l’envahisseur japonais. L’athlète baisse les yeux sur le podium pour ne pas voir le drapeau au rond rouge s’élever- Conversation avec Woody Allen, Paul Auster, un article de Martin Amis et surtout, mais la liste est tout sauf exhaustive (imaginez, 900 pages !!), mon histoire préférée, celle de Gunnar Andersson.

Grandeur et décadence d’une vedette de l’OM. Entre 1950 et 1958, Gunnar Andersson est Monsieur un but par match. L’idole de la ville . Un footballeur surdoué et un homme fragile qui ne sait pas résister à l’alcool. Sa carrière se termine et de fins de contrats en petits clubs, Andersson sent le piège se refermer. Petits boulots sur les quais, ivresse permanente, errance, abandon de femmes et enfants. Jusqu’à la chute. Peu de marseillais lui porteront secours et regarderont leur champion d’hier sombrer au milieu de leur ville « Je ne veux pas qu’on découvre mon nom à la page des faits divers, après avoir connu les colonnes de la gloire. » François Missen a recueilli son ami et a tenté de l’accompagner pendant les derniers mois de sa vie tragique. Il a écouté ses souvenirs et a tenté de raconter son histoire, à la première personne. Jusqu’au dernier paragraphe où Missen reprend la parole pour clore le récit « Retour au Vieux-Port. A la cloche ! Pour dix-huit mois de sursis d’une putain d’horrible belle vie. Le 1er Octobre 1969, Gunner quitte mon domicile de la rue Jules Moulet, où je l’héberge depuis quelque temps, au pied de Notre Dame de la Garde. Ce soir, l’OM affronte le FK Dukla de Prague en Coupe d’Europe. Nous nous donnons rendez-vous au Stade Vélodrome. « François, je n’ai pas de billet pour ce soir. Je vais voir des amis s’ils m’en démerdent un… » Au cœur de l’après-midi, une ambulance des marins-pompiers bouche le carrefour rue Breteuil-Rue Sainte. Les hommes glissent un brancard à l’intérieur de véhicule. C’est Gunnar Andersson. »

 Je vais devenir accro à Desports, c’est obligatoire. Inscrire mes filles au rugby, c’est possible, Aménager une étagère dans les toilettes, je m’y mets demain !

3 comments

  1. Bonjour, je n’avais pas particulièrement de commentaire à faire sur cet article- quoique n’étant pas mordue de sport, j’irais presque chercher ce magasine- mais je voulais vous remercier pour ce site.
    Je viens juste de le découvrir, en tombant sur un article à propos d’Agnès Obel, lorsque je cherchais la partition de Chord Left. Alors que j’ai la mauvaise habitude de lire en diagonale sur le net, ici je n’ai pas perdu un mot. Pour ce que vaut mon opinion, j’ai trouvé votre écriture talentueuse et vos idées souvent justes. De quoi me mettre de bonne humeur pour la soirée, et de la lecture à l’avenir.
    Encore merci !

      1. Tant mieux si je peux confirmer votre confiance en vous dans ce travail. En fait, à la réflexion, comme j’en viens à faire confiance à votre critique, je suis tentée de vous demander un service, si c’est approprié et possible.
        Je commence tout juste à écrire et j’aimerai un avis comme vous êtes capable de le donner.
        Mon blog a pour titre ‘un prélude de rouge-gorge en ré mineur » et ne comporte qu’un article pour l’instant, deux vendredi.
        Je comprendrai que vous ayez autre chose à faire, évidemment. Mais, si vous vous dites pourquoi pas, je dois vous prévenir que vous risquerez de trouver ça un peu lourd, et peut-être suffisant. J’y travaille cependant.
        Merci, en tout cas, de vous poser la question !

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