Le métier de survivre – Marcelo Damiani

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L’Argentine est à l’honneur au salon du livre ? Alors lisons argentin

« Une fois que nous sommes nés, tout ce qui nous attend, c’est la mort. La meilleure option reste de ne pas naitre. Tolver pensait que devoir affronter le vide absolu du néant après avoir connu le monde de l’existence était la pire expérience qui fût réservée à l’homme. Ne pas être, après avoir été, était infiniment pire que de continuer à ne pas être avant d’être.

Oulala…mais c’est de la philo, ça ! Pas du tout ma came la philo. Je fais un blocage depuis mes 5/20, coefficient 50000 au bac, il y a…longtemps.

Le métier de survivre, roman choral, chaudement recommandé par mon libraire préféré. Les romans choraux, ça me fait toujours un peu peur. Non pas que je ne les aime pas mais on pourrait presque dire que leurs préliminaires, même s’ils sont l’essence même de la jouissance finale, sont souvent plus longs que l’action elle-même. Il y a un décor à mettre en place, des personnages à installer qui sauront bien se retrouver le moment venu mais il faut être patient façon tricot, maquette ou puzzle.

Le métier de survivre ne fait pas exception à la règle. Le problème, c’est que les quarante première pages, scène de groupe qui met en scène un club d’échecs peuplé de NERDS au langage pointu et aux réflexions snobino-philosophiques, (c’est comme cela que je l’ai vécu), a failli me sortir complètement du bouquin ou plutôt m’empêcher d’y entrer. Quelques phrases, accrocheuses, me rattrapaient malgré tout. Ainsi aujourd’hui, à neuf heures précises en ce déprimant dimanche de décembre, et en complète et parfaite possession de mes moyens, je viens de décider, que juste avant minuit, c’est-à-dire dans environ quatorze heures, cinquante-neuf minutes et quelques fractions de secondes, je vais me suicider.

Heureusement, très vite, le décor a été planté et les personnages ont commencé à imbriquer leurs histoires les unes dans les autres, livrer leur version d’une même situation, jusqu’à nous faire douter de la vérité qui se situe sûrement quelque part au milieu du puzzle. Un tour de force.

J’ai terminé le bouquin et, chose rare, je suis immédiatement retourné lire les premières pages, en quête d’indices, de relecture pour une meilleure compréhension du dénouement de ce récit particulièrement maitrisé, façon leçon d’échecs. On pourrait presque avoir envie de lire le roman à l’envers, de regarder les pièces du puzzle unes par unes de remettre en doute la version de chacun, bref, de réécrire l’histoire.

Une écriture scientifique ? Le premier chapitre s’appelle « chiffres » après tout. Un roman ultra riche en tous cas, que j’ai le sentiment de n’avoir qu’effleuré.

J’aurais presque envie de le relire en entier pour y trouver des petits trésors cachés au détours d’une phrase…Si je n’avais pas peur de me choper un mal de tête phénoménal à cause des nombreuses références à Kant et à Nietzsche…

Le métier de survivre, Marcelo Damiani, éditions La dernière goutte

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