Hot dreams – Timber Timbre

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Alors ça, ce n’est vraiment pas de la musique de jeunes.

Que les moins de trente ans, et je suis gentil, aillent faire un tour ailleurs, il n’y a rien mais alors rien du tout pour eux dans ce nouvel album de Timber Timbre, le groupe de l’omnipotent Taylor Kirk, canadien hivernal, pas aussi vieux que sa voix de crooner en fin de cycle pourrait le laisser croire.

Timber Timbre jusque-là, c’était avant tout un souvenir étonnant, une coïncidence troublante au milieu de nulle part. Plus exactement entre Hella et Vík en Islande, près du volcan Eyjafjallajokull, le célèbre pirate de l’air. Ce jour-là, seul sur la route, accompagné de mon fidèle lecteur de mp3, je m’étais mis en tête d’écouter «Creepin on creepin on», le dernier (à l’époque) album ultra triste du combo canadien. Un disque que, faible comme j’étais, j’avais bien sûr acheté sur photo et réputation, faisant confiance à la critique et à mon sens inné (et néanmoins couteux) de la découverte musicale. Trois écoutes pénibles plus tard, j’en étais désormais persuadé, cet album était chiant comme un jour de brouillard à Siglufjörður, en janvier qui plus est. Je m’apprêtais à mettre un terme définitif à ma courte relation avec cette déprime musicale quand une vision est apparue sur le bord de la route. Je faisais face au négatif de la pochette. J’étais peut-être à l’endroit même où la photo avait été prise. La même pyramide blanche au milieu d’un no man’s land triste et vierge. Des collines à l’arrière. J’arrêté le moteur sur le bord de la route, je me suis approché, j’ai pris une photo et je suis remonté dans la voiture. Je n’ai plus osé arrêter l’album. Troublé, je me suis senti obligé de l’écouter jusqu’à son terme et il m’a accompagné pendant un long moment sur les bords de cette route à mi-chemin entre la terre et la lune.

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Je n’avais plus écouté Timber Timbre depuis. Je me méfiais. Et puis le nouveau single, Curtains ?! est sorti et je me laissé séduire.
Un nouvel album des Tindersticks, de Nick Cave? Des morceaux posthumes de Johnny Cash et d’Elvis? Il y a un peu de tout cela dans ce nouvel album ultra classe, pas aussi noir que le précédent (pas non plus ultra dansant…). Un album à la Bashung qu’on imagine bien sur scène, dans un bar underground, le jeune dandy costard cravate, assis sur un tabouret et entouré d’un halo embrumé par la fumée de cigarette.

Ce Hot dreams est d’un autre temps, c’est certain. Mais comme il est déjà anachronique et d’une qualité exceptionnelle, il fera comme le bon vin, il vieillira bien.

2 comments

  1. J’adore … Vraiment particulier comme univers , même s’ils ne créent pas vraiment quelque chose de « nouveau » mais recyclent plutôt, avec une sorte de genie

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