Her – Spike Jonze

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Pour commencer, le spectacle était dans la file d’attente. J’étais arrivé un peu en avance, donc j’attendais et j’écoutais. Comment se débrouiller avec le mot « Her » quand on est francophone ? Prononcer or not prononcer le H. Et le R ! Le faire à la yaourt pas ingéré ou à l’anglaise d’Oxford, façon «e» long. J’ai tout entendu. Pour ma part, je suis allé au distributeur automatique pour éviter l’embarras.

Her donc, le nouveau Spike Jonze que la critique avait l’air de vouloir adorer. Je l’avoue, je ne savais rien avant de rentrer dans la salle. Je ne connaissais pas le pitch. Je visualisais seulement l’affiche et la bonne tête d’un de mes acteurs fétiches ainsi que Spike Jonze dont j’avais adoré, il y a bien longtemps, sans doute soixante ans, le très original « Dans la peau de John Malkovitch ».

Los Angeles, dans un futur assez proche, l’homme et la machine sont de plus en plus connectés. On parle à son ordinateur, il nous répond. Des ordres simples, des messages informatifs dénués d’émotion. Mais déjà, la connexion au monde virtuel semble combler certaines solitudes urbaines.

Entre Jeux videos, cyber porn et tête à tête professionnel avec son ordinateur, l’univers de Théodore (Joaquin Phoenix déguisé en Tom Selleck) se referme dans un confort ouaté où la technologie prend imperceptiblement le pas sur les rapports sociaux traditionnels.

Bon, notre Magnum du XXIème siècle qui est en train de divorcer, cherche du réconfort et un peu de chaleur. Il acquiert donc un tout nouveau logiciel qui va lui offrir un compagnon virtuel. Une sorte de Tamagoshi femelle invisible, une assistante personnelle à la voix de ouf, dotée d’une intelligence artificielle hors du commun et qui, au contact de Théodore va développer des sentiments humains jusqu’à ce que le couple Homme/voix artificielle finisse par vivre une véritable histoire amoureuse.

Voilà pour le pitch. Je ne raconterai pas la suite bien entendu mais l’histoire tient sur ce principe. Ultra moderne solitude, peur des relations réelles, repli sur soi, illusion des rapports artificiels avec un programme informatique, refuge émotionnel , tout est là, traité avec une certaine finesse.

Mais, je dois l’avouer, je me suis quand même ennuyé velu dans cette bleuette malgré tout plutôt conventionnelle où tous les codes du mélo amoureux sont respectés. L’esthétique vaguement kitsch, abondance de couleurs pastels, de sourires consensuels et de bons sentiments a commencé à entamer ma bonne humeur au bout d’une heure, et même Joachim Phoenix, en gros plans pendant deux heures, a fini par me fatiguer à force de grimacer ses émotions dans un miroir.

Deux heures de film, c’était trop. Et ça a fini par me saouler.

De soupirs en gentilles moqueries, j’ai été à deux doigts de me faire traiter de cœur de pierre à la sortie, ce qui ne serait bien sûr pas arrivé si j’étais sorti avec un Tamagoshi.

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