Nebraska – Alexander Payne

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C’est la semaine du vieux au cinéma. Entre le Resnais (je passe mon Tour !), le Lelouch avec Johnny et Eddy et Gerontophilia, on avait le choix. Le mien s’est porté sur Nebraska, film indépendant dans sa facture, récompensé à Cannes et pourvu de tous les charmes de l’Amérique d’en bas , chère à John Peter Raffarin qui doit bien être sénateur quelque part là-bas, peut-être bien même au Nebraska.

Nebraska donc, un état tout plat, tout chiant, au milieu et loin de tout à la fois. Des villes moyennes, des champs, des lotissements insignifiants, des bars miteux. Loin, très loin du strass, de New York ou de Hollywood.

Woody est un vieil homme, un vétéran de la Guerre de Corée, un petit vieux boiteux tout blanc au regard perdu, qui n’a pas fait grand-chose de sa vie et qui est persuadé d’avoir gagné à la loterie. Il prend la route, seul et à pied pour aller chercher son million de dollars, au Nebraska, à 1500 kilomètres de chez lui.

Après avoir tenté de le raisonner – le père n’a rien gagné du tout- son fils décide de l’accompagner à Lincoln, Nebraska. Les deux hommes débutent un road trip low profile, à deux à l’heure, dans une vieille Subaru pourrie entre stations-services minables et motels cheap.

Et puis ils arrivent à Hawthorne la ville d’origine de Woody. Le vieux revoit ses anciens amis, ses frères et raconte à tous qu’il vient de gagner un million de dollars.

« Affreux sales et méchants ». Les pires White Trash du Middle West se sont donnés Rendez-vous à Hawthorne pour notre plus grand plaisir. Scènes d’humour irrésistibles sur le canapé familial, regard vides et hagards fixés sur la télévision, dialogues surréalistes une bière tiède à la main. Si on était en France, on pourrait presque entendre l’horloge normande et son tic-tac. Mais on est bien aux US.

Nebraska est un feel good movie très réussi, à la fois contemplatif, poétique et très drôle. Certains trouveront le film trop lent – un côté « Stranger than Paradise » de Jarmush, ou «The true story » de Lynch, la tondeuse en moins- d’autres y verront un trop plein de bons sentiments à la fin. Moi j’ai été touché. Et puis je me suis bien marré grâce à des personnages secondaires hilarants qui ne sont pas sans rappeler les Simpsons. La grand-mère, qui jure comme un charretier est fabuleuse, Stacy Keach (Mike Hammer) vaut le détour en vieux salopard aigri alors que les deux neveux de Woody, gros porcs dégoulinants et stupides déforment le canapé en distillant des phrases cultes.

Joli portrait du Middle-West… Alexander Payne, le réalisateur, s’est d’ailleurs fait un peu chahuter par la presse US pour s’être autant moqué de l’Amérique profonde.

A chacun ses Chti’s, que voulez-vous…

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