Little bird – Craig Johnson

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« La glacière est posée juste à côté de mon fauteuil alors je n’ai pas besoin de me lever souvent. Parfois, le nuit, la bière gèle, mais j’attends juste qu’elle dégèle le lendemain matin. »

Un bon polar américain. Voilà ce qui me faisait envie. Un truc avec un shérif pas commode, un Stetson usé et des bottes poussiéreuses.

Je ne connaissais ni Craig Johnson ni Walt Longmire, son héros. Encore moins la série éponyme diffusée sur D8. Je ne connais d’ailleurs pas bien D8.

J’avais envie de grands espaces et d’un peu d’action.

Wyoming, un bled paumé à l’approche de l’hiver. Une réserve indienne, un shérif vieillissant et déprimé. Un fait divers bien glauque puis un meurtre. Les deux affaires sont liées et le comté est en ébullition. Le shérif Longmire enquête, secoue, doute, revient sur ses pas, hésite mais avance. Walt n’a pourtant plus envie depuis que sa femme est morte il y a quatre ans. Il se laisse aller entre monotonie et gueule de bois. Le veuf écrasé par le chagrin avançait vaillamment pas à pas dans un océan de dépression.

Il passera la main d’ici quelques mois. Vic, son adjointe au langage fleuri reprendra le flambeau et il pourra se retirer définitivement. Mais ce meurtre aux allures de vengeance inter-ethnique, le replonge au cœur de la vie et le shérif sort de sa léthargie pour courir après le meurtrier. Le blizzard (rien à voir avec Fauve ≠) se rapproche et Walt, pris au milieu de deux tempêtes, dont une, violente, sous son crâne, se débat contre ses propres démons et un ennemi dont il suppose qu’il lui est proche.

A mi-chemin entre Walker Texas Ranger et un cowboy tiré d’un roman de Jim Harrison, Walt Longmire dont les accès mélancoliques hantent le roman, est un shérif très attachant malgré un côté chien battu par la vie, yeux fatigués, cicatrices apparentes.

Mais je ne sais pas trop quoi en penser au final. Ce polar est classique dans sa forme, très classique. Chaque fin de chapitre se termine par un teasing dont on imagine déjà la transformation à l’écran en pause publicitaire. Les dialogues dans les scènes d’action, sont estampillés « Oncle Sam » en surdose de testostérone. Et malgré tout, l’ensemble fonctionne. Essentiellement grâce au personnage de Walt et son côté foireux, lent et usé. Le vieux shérif contemplatif nous montre ses cicatrices et nous laisse entrevoir ses plaies . Certaines, purulentes ne se refermeront pas. C’est sans doute là le talent principal de l’auteur qui a su créer un héros bien boiteux, un malade dont on aurait envie de suivre la convalescence.

Je repasserai donc très bientôt prendre des nouvelles de Walt Longmire.

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Little bird, Craig Johnson, éditions Gallmeister

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