Indian creek – Pete Fromm

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Je crois qu’ils essayaient de ne pas s’attacher à moi, comme des soldats aguerris avec une jeune recrue, qui de toute façon, ne leur survivra pas.

Aventures solitaires et réfrigérées.

Je ne sais pas ce que j’attendais. Sans doute une histoire forte dans un décor fabuleux. Le livre était précédé d’une très belle réputation. On le comparait même au meilleur de Jim Harrison, un truc en prise avec le cœur (Accent tonique sur le  « C », vibrato dans la voix), l’âme de l’Amérique, celle des indiens et des rocheuses. J’imaginais une histoire d’hommes au milieu de la nature. J’avais presque raison. Mais j’ai quand même eu tort.

Le personnage principal d’Indian creek, c’est la nature, pas vraiment l’homme.

Le pitch du roman tient en une ligne : Un jeune homme passe un hiver seul dans les montagnes de l’Idaho. Bon. J’ai déjà lu Into the wild de Krakauer,  Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson, je me doute que le jeune Pete Fromm, étudiant insouciant et vaguement rêveur, totalement ignorant de la rudesse de la mission qui l’attend, va traverser une montagne d’émotions et de péripéties au cours des sept mois que va durer son séjour. Je pense que si j’avais connu la réelle nature du récit – mais bon, il me suffisait de lire la quatrième de couv’…- je n’aurais pas lu Indian creek.

J’étais seul, au cœur même de la solitude.

Pete coupe du bois, Pete casse la glace, Pete marche dans la neige, beaucoup. Pete a froid, tout le temps. Pete voit des animaux, Pete a le blues, Pete se languit, s’inquiète, s’ennuie . Pete tue un élan, le débite en morceaux puis le mange. Pete rencontre des chasseurs de puma, croise le regard de ce lion des neiges avant de le voir mourir.Triste.

L’hiver est là ( Mille colombes de Mireille Mathieu commence comme ça aussi) et à mesure que le temps passe, Pete s’acclimate, adopte le rythme de la nature, ne souffre plus de la solitude. Pour la première fois depuis longtemps, j’allais enfin me retrouver seul. Cette perspective m’enchantait, et pourtant il y a quelques mois encore je n’aurais jamais imaginé une telle réaction.

Les premiers signes du printemps se manifestent, c’est la débâcle, la forêt change et renait. Et plus la fin de sa mission approche, plus Pete se sent proche de la nature. En quasi ermite, il fait corps avec elle, il fuit les visiteurs qui s’aventurent sur son territoire. Accompagné de sa petite chienne Boone, il passe son temps à courir de sommets en prairies à la recherche de lynx, d’ours ou de mouflons.

Après un hiver passé à rêver de m’échapper quelques jours, je n’avais plus envie de sauter dans mon camion pour m’en aller. Je restai dans la montagne à regarder le printemps s’installer et transformer mon univers.

Voilà. J’ai terminé le livre hier soir et je ne sais pas quoi en penser. Bien sûr, je me suis laissé porter par les descriptions magnifiques, par ce rythme lent et contemplatif que l’auteur impose. Bien sûr, j’ai ressenti une belle émotion quand Pete a quitté sa tente, abandonnant sa petite chienne (salopard !), gorge serrée, pour redescendre dans la vallée. Mais à ce moment-là, je l’avoue, je me suis quand même demandé ce que j’étais venu foutre là, si je ne m’étais pas égaré dans un récit de Nicolas Vannier et ses chiens de traineau, voire, PIRE, dans un épisode de Belle et Sébastien (Ah merde, Re-Vannier !). Indian Creek est un récit initiatique non dépourvu de qualités mais tout de même un peu lisse. Je m’y suis gentiment ennuyé comme on s’endort devant un reportage de Georges Pernoud sur les mérous d’Alaska. Allez, Je vous laisse, je n’arrête pas de bailler.

Indian creek, Pete Fromm, éditions Gallmeister

3 comments

  1. Vous devriez lire « Comme des ombres sur la terre » de James Welsh, si vous ne l’avez déjà fait.

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