Infinity – Yann Tiersen

album-cover

Avec le temps, j’avais fini par délaisser Yann Tiersen. J’avais fini par me lasser de ses ritournelles Ameli-poulinesques, de ses valses et autres comptines au bon goût d’antan, estampillées France du Général et des temps supposés heureux, sympa au début, vaguement relou après quelques dizaines d’écoutes et finalement assez rapidement insupportables. La France Fleury-Michon s’était emparée du musicien malgré lui et l’avait rendu soit sympathique (mais Dave et Christophe Maé sont eux aussi sympathiques), soit ringard, ce qui est bien dommage au vu du talent incroyable dont le breton sait faire preuve. Car, qu’on se le dise, Tiersen est parfois génial, rien de moins, et j’ai aimé certains de ces airs – je pense à la Chute ou 7 PM – comme aucun autres.

Tiersen, l’homme qui habitait en haut d’un phare breton pour mieux observer les tempêtes, revient avec un nouvel album, Infinity. J’oscille entre méfiance et curiosité. Le disque a été enregistré entre La Bretagne et l’Islande en passant par les Îles Féroé. La pochette elle-même fait écho à des paysages adorés (vénérés?) d’un bout du monde dont je rêve tous les jours. Je ne peux pas faire l’impasse. Alors, welcome Infinity.

Mes premières impressions sont excellentes, le musicien est en balade, il se promène dans un post-rock arctique dont je connais bien les codes. Le groupe Amiina a participé à l’album et on le ressent. Tiersen prend son temps et développe des thèmes proches de Godspeed you black emperor. Du pur post-rock, des longues plages à écouter casque sur les oreilles.

Gros coup de cœur pour Steinn, fabuleux slam polaire. Mention spéciale aussi à Ar maen bihan, poème (j’imagine, mais il pourrait tout aussi bien s’agir d’une recette de cuisine) déclamé en breton qui commence très lentement et évolue vers un univers à la Sigur Rós, les guitares et la batterie prenant le pas au fur et à mesure sur les clochettes et les percussions. Superbe. Je pourrais encore citer the crossing, meteorites ou Infinity mais l’ensemble est homogène, même si pas vraiment lumineux, plutôt un disque d’automne – ce qui n’est pas non plus pour me déplaire – Il y a dans cet album, une humeur, presque une âme nordique qui ne pouvaient que me séduire. Il doit y avoir du viking chez cet homme-là, un côté méchamment contemplatif (on s’en doutait) pour qu’il parvienne à composer de telles atmosphères.

J’ai bien l’impression que cette fois-ci, Amelie P. est morte et enterrée et que sa dépouille repose quelque part au fond d’un fjord islandais. C’est la meilleure nouvelle de la journée.

3 comments

  1. L’album est sympathique, Slippery Stone, Ar Maen Bihan, Steinn et meteorites en autres que j’apprécie pour ma part. Mais il manque quelque chose sur la longueur, je l’ai écouté plusieurs fois et l’on sent que la lassitude et le redondant s’immiscent.
    Pour son nouveau tournant, je préfère son album Dust Lane (2009), un Rock alternatif saupoudré de post rock mêlé de sa touche triste et mélancolique si particulière qui donne à l’album une puissance émotionnelle bien supérieure.

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