Homesman – Glendon Swarthout

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Un de leurs bœufs avait attrapé le varron, des vers lui grouillaient sous la peau. On pouvait entailler une boursouflure et tuer les vers en les aspergeant d’huile de charbon si l’on possédait de l’huile de charbon. Au lieu de quoi, les vers dévoreraient le bœuf jusqu’à l’âme .

Oubliez le far-west à la Bonanza, à la James West, ou John Wayne. Oubliez les indiens et les cowboys à la Danse avec les loups, oubliez Lucky Luke, Rantanplan, les Dalton et le générique de la dernière séance.

Homesman, de Glendon Swarthout (décédé en 1992), c’est le Moyen-âge en Amérique. C’est la laideur comme étendard, la survie au quotidien et la promesse déçue d’un avenir meilleur. C’est la mort à tous les coins, celle des enfants d’abord qui meurent les uns après les autres, c’est la justice expéditive, les lynchages, ce sont les loups et les crotales. C’est un flingue dans chaque main comme un prolongement du bras. »An eye for an eye, a tooth for a tooth ».

Comment survivent les femmes dans cette atmosphère de guerre permanente? La plupart courbent l’échine et s’accrochent au peu qui leur reste. Les autres basculent dans la folie.

Mais il n’y a pas d’asile à l’ouest. Alors Il faut évacuer ces folles, les ramener à l’est, au delà du Missouri, les convoyer.

Quatre folles dans un fourgon, une autre, forte en apparence, en chef de convoi et un type, un ancien déserteur, sale, bourru et taiseux. Un triste convoi qui devra traverser les plaines éviter les bandits, les indiens, les tempêtes et la folie qui gangrène tout.

Un portrait pas très glamour de l’Amérique, dur et sans concessions. Des scènes extraordinaires, notamment une bataille nocturne contre des loups, la force d’évocation des paysages, l’horizon gigantesque, la solitude, la peur omniprésente, tout est là dans ce roman d’aventures, dans ce western contemplatif que j’ai lu quasiment d’une traite, absorbé par l’extraordinaire pouvoir d’attraction de l’ouest américain. Homesman est une épopée classique et moderne à la fois, une histoire de rédemption et je me souviens à présent de la raison pour laquelle mon père aimait tant les western qu’Eddy Mitchell nous présentait sur FR3 le mardi soir quand j’étais petit. Mon père disait: « Les western c’est moral ».J’imagine que le côté manichéen de la chose rassurait tout le monde et que si fusillade il y avait, les méchants finissaient toujours par périr, soit par la loi des hommes soit par celle de Dieu, lequel ne trônait jamais bien loin de notre petit écran.

J’ai retrouvé un peu de cela dans Homesman, le fameux côté moral. Mais Swarthout a tout de même réussi à gommer la face clean et présentable des westerns hollywoodiens de mon enfance. Homesman est un roman sans concessions, beau et parfois touchant. Une rude promenade dans la plaine immense.

Homesman, Glendon Swarthout, éditions Gallmeister.

 

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