Sans télé, on ressent davantage le froid – Titiou Lecoq

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La première phrase est essentielle. Certaines marquent l’histoire de la littérature : « Aujourd’hui maman est morte », « Longtemps je me suis couché de bonne heure » ou « Je suis une pétasse » (deux de ces phrases ne sont pas tirées d’un roman de Lolita Pille).

Quand j’ai lu cette introduction, je me suis dit que je venais de trouver le parfait remède à cette bloody canicule qui ramollit le cerveau et m’empêche de me concentrer plus de trente secondes sur quelque sujet compliqué que ce soit. L’été sera chaud disait feu Eric Charden (je n’ai pas meilleure citation littéraire) et j’ai besoin de littérature glacée (je repars en Islande -littéraire- dès ce soir).

Au bout de quelques pages, aussi fraiches et légères que le litre de rosé coincé dans le bac à fruits- deux heures à tenir- j’avais, je le croyais, trouvé un Nicolas Bedos au féminin, une plume rapide, nerveuse, précise et acerbe. En gros, je me marrais à toutes les pages ou presque devant ces chroniques de la débrouille, ce portrait d’une trentenaire ordinaire, accro à sa télé et à son canapé.

Dans ma tête, il n’est jamais 14 heures : il est l’heure des-feux-de-l’amour-en-travaillant. Il n’est pas 19 heures : il est l’heure-de-s’avachir-devant-le-Grand-Journal-en-envoyant-des-mails.

C’était sympa, je tournais les pages à une allure record, dévorant les chapitres comme on bouffe un MC Do le lendemain d’un jour de cuite. Titiou Lecoq parlait de sa vie un peu foireuse d’adolescente attardée qui ne sait pas encore à quoi elle ressemblera en tant qu’adulte. Sympa. Mais déjà, au bout de cent pages, j’étais passé du rire fréquent au sourire occasionnel. Et puis, les tribulations paresseuses de l’écrivaine et ses pensées plateau-repas-youporn-sitcom ont fini par me lasser voire m’irriter dans la dernière partie ou sa posture nonchalante et dilettante m’ont rappelé mes dernières années de glande à la fac. On peut trouver charmant ce côté irrévérencieux, cet art du bon mot et de la déconne mais pour moi, « sans télé, on ressent davantage le froid » n’est malheureusement rien de plus que le carnet de bord ennuyé d’une chroniqueuse à la plume talentueuse mais gachée par une facilité coupable. Et puis la fin «ultra Bigarde » m’a saoulée par ses excès de chatte, bite et autres couilles.

Serais-je en voie de Christine Boutinisation !!?

Donc, j’ai une gastro de compétition. C’est-à-dire que je me suis chiée dessus pas moins de quatre fois (la première fois, Je suis partie me laver le cul ; la deuxième, j’ai abandonné toute dignité et décidé de crever dans ma merde comme n’importe quel soldat).

Titiou Lecoq, sans télé, on ressent davantage le froid, éditions Fayard

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