Comme un avion – Bruno Podalydès

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Et pourtant je me méfiais. je me méfiais même tellement que je n’avais aucune envie de voir Comme un avion. J’avais pourtant beaucoup aimé Adieu Berthe, mais j’avais proprement détesté le vilainement hâbleur Bancs publics, comédie à sketchs au casting démesuré, sorte de délire fatigant à la Jean Michel Ribes. Bref, on n’était à priori pas partis pour une soirée absurde. Mais je ne sais pas lire un agenda et les films qu’on voulait voir n’étaient plus ou pas encore à l’affiche. C’est donc en marche arrière et les épaules basses que nous sommes allés voir ce Comme un avion.

Je remercie donc le MK2 de faire n’importe quoi avec ses programmes, à moins que ce ne soit mes yeux (Pensée pour M. Dusse), car j’ai vécu hier soir, mon meilleur moment de cinéma depuis Les combattants l’année dernière. J’ai affiché un sourire niais de contentement béat pendant toute la séance et je pense même l’avoir gardé une bonne partie de la nuit…Comme un avion est une comédie absurde, portée par son acteur réalisateur lunaire, Bruno Podalydès, dont le regard de chien battu rappelle parfois celui d’Alain Chabat, version Didier, et même par moments celui d’Atmen Kelif dans les Deschiens.

Michel est infographiste de profession et rêveur de nature. Décalé, toujours un peu à l’ouest, forcément à contretemps, Michel plane et rêve de s’envoler. Très loin des exigences du quotidien, il s’évade en pensée, s’imagine en roi des airs, en Lindbergh, en Mermoz des temps modernes. Et puis un jour, comme un caillou viendrait le percuter en pleine tête, Michel tombe à l’arrêt devant la photo d’un kayak, objet ultime et pur, symbole absolu de l’évasion tant recherchée.

Michel part, se laisse dériver au gré des courants vers le rêve d’une liberté dont la vie moderne semble l’avoir privé. Aventurier de canapé, Michel se lance alors dans une épopée aussi onirique que réelle, aussi courte qu’improbable, faite de rencontres inoubliables, de lenteur, d’ivresse, de moments de poésie absolue, d’amour et d’eau fraîche.

Un bonheur à la Alexandre le bienheureux, hyper drôle, qui n’est pas sans rappeler le dernier excellent roman de Thomas Vinau, la Part des nuages, une fable moderne faite pour les petits gars comme moi, ceux qui passent leur temps le nez collé à la fenêtre ou dans les étoiles, à rêver d’un absolu insaisissable, à l’abri du vilain monde qui entrave notre liberté…Un petit bonheur, je vous dis…Et merde, y a mon sourire niais qui revient.

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