Quelqu’un à tuer – Olivier Martinelli

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Il m’a fait jurer de m’épargner s’il me disait la vérité. Il m’a fait jurer sur la Vierge Marie. Et je l’ai fait. Il m’a murmuré « Ochoa ». J’ai appuyé sur la détente. Je ne croyais ni à Dieu ni à Diable…Encore moins à la Vierge Marie.

Il y a quand même une histoire de construction dans ce récit, voire de charpente. Pourtant Martinelli n’est pas Joseph…Rien de biblique dans Quelqu’un à tuer, bien au contraire. Et s’il y est question de la Vierge Marie, c’est pour mieux se parjurer. Quelqu’un à tuer est un roman géométrique. Une histoire de lignes inexorablement appelées à se croiser. De destins qui se voudraient parallèles mais qui ne peuvent pas échapper à la rencontre qui les fera renaître ou mourir.

Deux personnages, deux histoires trop liées pour pouvoir s’ignorer. 1990, Arthur, musicien un peu maudit, très résigné, vaguement déprimé se laisse glisser vers un néant solitaire qu’il appelle sans le savoir. L’ombre d’un père jamais connu, une mère jamais aimante, une vie trop lente et trop terne.

Les héros, ce sont des types plus doués que les autres pour les meurtres, c’est tout.

1934, Asturies, Ignacio prend les armes et se révolte aux côtés des communistes. Début de la guerre d’Espagne, début de la violence qui dépasse les idéaux, naissance d’un « monstre sanguinaire » qui ne trouvera son salut que dans la fuite. Deux hommes en quête de sens qui ne savent pas trop après quoi ils courent et qui ne peuvent trouver le repos qu’après avoir enfin croisé leurs routes.

Une histoire d’hommes. Ce roman vraiment bien charpenté (ça a dû cogiter au niveau du plan !) nous parle sérieusement bien de leur incapacité à échapper à leur passé, à leurs racines. Tu peux cacher tout ce que tu veux derrière la violence du monde, tu restes un petit garçon qui court après la main de son père et ça t’accompagne jusque dans ta tombe. Quelqu’un à tuer – Le père bien sûr – est une histoire de filiation parfois brutale, très souvent touchante, le portrait délicat et finalement plus pudique que ce que la couverture semble vouloir suggérer, de deux paumés que tout oppose et qui ne trouveront pas de sens à leur vie avant de s’être confrontés l’un à l’autre. Un truc de fête des pères en fait…Merde, je me suis trompé de semaine

Pourquoi toujours avoir envie d’affronter le vide ?

 

Quelqu’un à tuer, Olivier Martinelli, La manufacture de livres.

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