Le détroit du loup – Olivier Truc

  

Vous êtes norvégienne, non? Alors faites-moi plaisir, n’oubliez jamais comment votre pays s’est enrichi.

Comme le disait Eric Charden, « l’été sera chaud, l’été sera chaud. » Besoin d’air frais, voire glacé, j’avais envie de prendre mes distances avec le cagnard estival. La couverture du deuxième roman d’Olivier Truc sentait bon la petite laine et pas tellement la sueur. Alors j’ai plongé dans le détroit du loup

Laponie norvégienne, printemps. Les rennes, élevés en semi-liberté doivent passer un détroit à la nage pour rejoindre les terres où ils se reproduisent. Tensions dans la ville de Hammerfest, nouvel eldorado du pétrole où les rennes errant se perdent dans les rues et perturbent le nouvel équilibre urbain. Un jeune éleveur meurt noyé. Puis le maire du village, figure locale, est retrouvé mort. Et les cadavres commencent à s’accumuler sur la toundra. Klemet et Nina, jeunes flics de la police des rennes (oui,oui), mènent leur enquête sur fond de soleil de minuit, de quêtes identitaires et de traditions bafouées par ces salopards des compagnies pétrolières.

 On soupçonne, on se méfie un peu de tout le monde, on feuillète un catalogue de personnages un peu clichés, chacun dans son rôle, l’auteur nous balade sur des pistes, souvent fausses, car les gros vilains supposés ne le sont peut-être pas tant que ça dans le fond…Ah oui le fond, c’est de ça qu’il est question. Des profondeurs même, car le l’épicentre de l’histoire semble bien se situer sous la mer de Barents, là où les plongeurs des compagnies pétrolières jouent leur vie contre des dollars faciles.

Voilà voilà pour l’histoire, enquête classique qui mêle écologie, traditions séculaires, ésotérisme (un peu) et retrouvailles familiales vaguement improbables. 

Vous l’avez compris, je me suis débattu avec ce Detroit du loup à l’écriture et à la trame tellement sages et pas du tout rock n’ roll. Le décor est splendide bien sûr et je me suis surpris à vérifier les Air bnb dispos près de Hammerfest – je n’en ai pas parlé à ma troupe – mais ce n’est pas le décor qui fait un livre. Dans le meilleur des cas il peut le sublimer. Là, je me suis quand même un peu ennuyé dans la toundra. Au moins, je me suis rafraîchi. 

Le détroit du loup, Olivier Truc, éditions Métailié.

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