L’enfer de Church Street – Jake Hinkson

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Mon père était un ivrogne de la pire espèce, comme son père avant lui, et son père encore avant, probablement en remontant jusqu’à Lot, cet affreux ivrogne de la Bible qui, lorsqu’il était bourré se tapait ses deux filles.

Warning : Si vous êtes membre d’une Eglise Évangéliste ou si votre vie, vaguement lisse, s’articule autour de préceptes de la Bible à la morale conservatrice, ce roman noir, hilarant et qui ne respecte rien, pourra vous paraître légèrement irrévérencieux. Descente aux enfers à Little Rock, Arkansas. Sur un parking désert, un homme braque son revolver sur un passant, un peu au hasard. « Il y avait quelque chose chez ce type, quelque chose qui en faisait un vrai loser. » Le loser s’appelle Geoffrey Webb et malgré sa gueule d’épave, il a des choses à dire. Il a l’air un peu cinglé aussi. Alors il veut bien donner tout son fric à son agresseur mais il va falloir que les deux hommes fassent un peu de route et passent quelques heures ensemble…

Confession d’un salopard ordinaire. Webb va raconter son histoire. Et quelle histoire ! Si jamais vous avez eu des doutes, non pas sur l’existence de Dieu (quelque idée…) mais sur ceux qui sont censés faire passer son message d’amour et de bonté, vous allez être servis. Sur Church Street, Little Rock, vous trouverez les plus beaux spécimens de cinglés conservateurs qu’une communauté religieuse à l’Américaine peut vous offrir. La morale avec un grand M, les bondieuseries les plus affligeantes, une bonne dose d’intolérance, tout cela caché derrière les plus suspect des sourires foireux. La vie d’une communauté sans doute classique, perturbée par les hormones du plus beau des lèche-culs, le fabuleux Webb, dont le slip finira par prendre les commandes et foutre un magistral bordel sang et flammes dans cette rue aux allures d’Enfer sur terre.

Je leur balançai un sacré sermon ce jour-là. Mais tout le temps qu’il dura, je ne cessai de me dire : Comment se fait-il qu’ils ne se rendent pas compte à quel point tout ça, ce sont des conneries.

Ah le pied…tout y passe et les pages défilent. L’enfer de Church street, est un roman à l’allure loufoque que j’ai dévoré comme un carnage à la Fargo, estampillé «Good Lord », cynique à souhait , très drôle, critique acerbe de l’Amérique profonde, coincée entre Daltons d’opérette ( Ma dalton comprise) d’un côté et Bible menaçante de l’autre. L’Amérique flinguée qui fout les boules et qui fait marrer.

L’enfer de Church street, Jake Hinkson, éditions Gallmeister

2 comments

  1. Ma Dalton et Fargo, c’est exactement à ça que je pensais en le lisant…c’est addictif, hyper accessible, drôle, ça se lit sans faim, bref le roman noir idéal!

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