Mon roi – Maïwenn

2015_10_26_LB_Chroweb-LB-Mon-Roi

 

J’avais plus ou moins compris que le Mon roi de Maïwenn était le portrait intime et en gros plan d’un pervers narcissique. Qu’Emmanuelle Bercot incarnait le rôle de la victime amoureuse transie de ce charmeur implacable dont le plaisir serait proportionnel à la dose de souffrance qu’il infligerait à sa compagne. J’avais cru à ça. A une démonstration par le menu, un manuel de la destruction conjugale avec bourreau et victime clairement identifiés, évitant volontairement la nuance. Mais ce n’est pas ce que j’ai vu.

Mon roi est un film sur le couple, aussi atypique (et à peine crédible ?) que soit celui formé par Bercot et Cassel, un film sur la fuite, masculine bien sûr, sur la difficulté à bouleverser sa vie pour en construire une autre, à aimer au-delà de la passion et de son propre reflet dans le miroir. On finit par quitter quelqu’un pour les raisons qui nous l’on fait choisir, et Cassel, le supposé pervers le fait très justement remarquer à Bercot la victime. « Qu’est-ce que tu croyais ma fille quand tu es venue me draguer en boîte au cœur même de cette nuit que tu détestes aujourd’hui ? Que j’allais me transformer en papa de jour ? Sage, docile et heureux de l’être ? Non, tu es coupable toi aussi, coupable d’un péché d’orgueil, celui d’avoir cru qu’on pouvait vraiment changer l’autre et le faire entrer dans sa vie, sans effet secondaire. »

Alors oui, Cassel est instable, infidèle, pas fiable, très narcissique. Son ego ne supporte pas qu’on puisse le rejeter, il doit être au centre et, à ce titre, sans doute incapable d’aimer de l’amour qu’on souhaiterait tous rencontrer, celui, gratuit, désintéressé, qui nous ferait préférer la personne chérie à notre reflet dans la glace.

Mon roi est un film fin, peut-être un peu vain car finalement pas très surprenant. L’enchaînement des situations est un peu attendu car il est universel. Chronique d’une déception, d’une chute annoncée. Les acteurs, qu’on a le sentiment d’observer en gros plan, sont formidables, les épisodes relatant la rédemption/rééducation d’Emmanuelle Bercot sont très justes, Louis Garrel est génial en frère décalé tendance lunaire, et le film est une réussite, assurément. Et pourtant il manque un petit quelque chose à mon goût, un truc qui ferait passer Mon roi de bon à très bon film. Non, je ne me suis pas ennuyé, mais je n’ai pas été surpris. C’est bien la première fois que ça m’arrive en sortant d’un film de Maïwenn…

3 commentaires

  1. j’ai du mal à percuter que ce n’est pas Jean-Hugues Anglade sur l’affiche ^^
    j’irai le voir car j’ai aimé les précédents films de Maiwenn, en gardant en tête qu’il ne faut pas s’attendre à du super-original donc…

  2. J’ai pensé, quant à moi, que tourner en s’écartant du scénario original pouvait aussi bien faire trouver des pépites (le film en propose plusieurs) que perdre en cohésion (cohérence ?).

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