Seul sur Mars – Ridley Scott

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Quand Hollywood lève le nez vers les étoiles, j’adore. Racontez-moi une histoire de bonhommes perdus au fin fond de la galaxie et j’accours, je laisse au vestiaire ma casquette de snobinard à film d’auteur et je me laisse guider vers la salle de contrôle de la Nasa, qu’on finit par connaitre comme si on y avait bossé nous-mêmes. Gravity, Interstellar, toutes ces histoires estampillées « Lost in space » fonctionnent avec moi et satisfont mon côté Pierrot lunaire, nez en l’air. Sans doute le syndrome Ulysse 31, héritage inattendu de l’enfance qui refait surface. Quand au début des années 80, on a passé des samedis après-midi accroché à son poste à observer un chevelu au poil soyeux, sosie des frères Gibbs, errer dans la galaxie avec son fils Télémaque et un robot rouge ridicule, il en reste des séquelles. Forcément.

De là à aller voir un film de Ridley Scott…Pourquoi ne pas acheter l’intégrale de Vangelis pendant qu’on y est ? Bon je savais à quoi m’attendre et je n’ai pas été déçu.

Seul sur Mars est un film carré, cadré, hyper efficace, totalement blockbuster ou presque. Presque parce que si tous les ressorts scénaristiques, tous les codes du genre sont respectés – Vous ne pouvez pas être surpris, tout, chaque rebondissement, arrive au moment même où vous l’attendez, aucune exception- le rythme du film est relativement atypique car beaucoup plus lent que ce qu’un blockbuster classique pourrait l’exiger. Matt Damon/ Mark Watney est resté seul sur Mars au milieu d’une effrayante tempête galactique. Ses camarades l’ont cru mort et l’ont abandonné pour sauver leur peau. Oui mais Watney n’est pas mort et une fois le beau temps martien revenu, réalise qu’il est seul désormais, qu’il a échappé à la mort mais qu’il est en sursis, car personne ne pourra venir le secourir avant quatre ans et que d’ici là, il sera mort de faim, à court d’oxygène…

Oui mais voilà, Watney n’est pas du style à se laisser abattre, il ne va pas attendre la fin sans rien faire, il va se battre et se transformer en McGyver de l’espace, réussir à cultiver ses propres pommes de terres, retrouver un engin abandonné par une mission précédente et réussir à établir le contact avec la Nasa, fasciner l’Amérique, qui va se passionner pour ce héros made in Oncle Sam qu’il faudra absolument sauver comme s’il était à lui seul, le symbole d’un empire en danger.

Alors ok, il y a de la grosse ficelle, Ridley Scott quand même…Ok, on se doute bien que le sauvetage va être compliqué, qu’on va avoir une bonne douzaine de rebondissements bien calibrés, bien amenés, qu’on va passer à deux doigts de la cata mais jamais une seconde on n’y croit, à la cata. Jamais on imagine qu’au bout de deux heures de film et d’un suspense de dingue, Watney va rater la dernière marche, se prendre les pieds dans le tapis interstellaire et refuser d’offrir ce que le monde entier attend, le retour du héros de l’Amérique.

Mais ça, on le sait dès le départ, non ? On n’est pas dans le ciné indépendant, on est chez tonton Ridley, si on veut de la surprise, il faut s’adresser au bureau d’à côté. Et pourtant…Et pourtant ça fonctionne. On se laisse envahir par ces images incroyables. Mars magnifique, décor de western, et cet astronaute, seul à la conquête du plus grand espace jamais conquis par l’homme, qui se déplace dans ce qui pourrait presque ressembler à une roulotte de pionnier dans les canyons du Colorado. Beau.

Seul sur Mars, c’est de l’entertainment avec un grand E, c’est du spectacle à l’Américaine, qui ne fait pas toujours dans la nuance et a besoin de ses codes pour s’y retrouver, c’est du bon film du dimanche soir, du feelgood efficace, et c’est déjà beaucoup.

2 comments

  1. pas le genre de film que je vais voir d’habitude mais je me suis laissée entraîner et j’ai adoré!
    j’ai trouvé ce film vraiment malin, c’est le triomphe de l’ingéniosité 🙂

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