Les Tuche 2 – Olivier Baroux

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Augustin Trapenard qui reçoit Jean-paul Rouve. Jusque-là tout va bien. Jean-paul Rouve est un mec drôle, très drôle, le Jean-Claude Dusse de sa génération, humour fin, répliques imparables, J’adore. Mais quand Augustin reçoit Jean-Paul pour la sortie des Tuche 2, là, je m’interroge. Pour moi, les Tuche, dont je ne connais du premier volet que la bande-annonce trop colorée, trop frisée et trop bruyante, se place juste à côté de Camping dans le palmarès très riche de la comédie beauf à la française. Rien à en dire, ou plutôt rien n’a en avouer car, je le confesse, je finis toujours par voir ce genre de film, à la télé, en VOD, en replay pas cher, un truc de dimanche après-midi pluvieux, affalé sur un canapé trop mou, une tablette de chocolat à la main. La poilade beauf, l’humour potache, j’ai toujours adoré; je considère d’ailleurs toujours Le gendarme se marie comme une des comédies françaises les mieux écrites de tous les temps. Le problème, c’est que la beauf-comédie est une maladie qu’on ne peut avouer sous peine de se faire lapider par le premier intello sectaire qui passe. Alors, Rouve Tuche chez Trapenard, je ne comprends pas. Surtout que Trapenard, que j’adore, a l’air de trouver du sens à tout ça, comme un arrière-goût de finesse et d’intelligence. Intrigué, je suis.

C’est mon fiston, 14 ans, épaules basses, mue vocale impressionnante, qui m’a servi d’alibi. Une séance de cinéma père-fils dont j’ai plus ou moins orienté le choix. Voilà comment je me suis retrouvé en compagnie de Jeff Tuche et de sa famille, de retour après un premier épisode à succès. Les Tuche en Amérique, tout un programme. Mon fils est concentré sur son pop-corn, les premiers gags sont poussifs, ça rigole gras, mais mon ado glousse déjà. Et puis, je ne sais pas ce qui se passe, tout à coup, les Tuche prennent l’avion pour les USA et le fils ainé, Wilfried Tuche, dit Tuche Daddy, rappeur chti’ décérébré, à la voix de Chipmunk se met en tête d’apprendre des phrases en anglais, qu’il répète avec sa voix débile transformée à l’hélium. Fou rire irrépressible. Je pleure sur les pop-corn de mon fils, je m’étouffe comme je ne me suis pas étouffé depuis très longtemps. Mon ado ne respirera plus jusqu’à la fin du film. Je ne sais même pas s’il pourra terminer son seau de pop-corn, tant il manquera de suffoquer de rire. Moi, je suis calmé depuis longtemps mais l’épisode de l’avion a eu raison de ma méfiance. Je me laisse aller, je me vautre dans la beauferie assumée. J’ai beau y réfléchir par contre, je ne vois pas trop la finesse et l’intelligence que Trapenard semblait promettre, une sorte de comédie à la Judd Apatow. Moi, je vois du gras à la Patrick Chirac, une morale et des valeurs bien consensuelles, les mêmes que dans les films de Disney (l’argent ne fait pas le bonheur, le plus important, c’est l’amour des siens…). Les Tuche 2, un divertissement efficace, un ou deux fous rires imparables, un moment agréable en somme. C’est déjà ça. Mais c’est tout.

 

 

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