Is the Is are – DIIV

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Shoegaze. C’est marrant, moi qui ne vivait en 1991, à peu près QUE pour la musique, les Granola et le Prince de Bel-Air, je n’avais jamais entendu parler de Shoegaze avant cette semaine. On me dit et répète pourtant que la grande majorité des groupes de guitareux que j’écoutais en boucle à l’époque, les Cocteau Twins, Lush, My bloody valentine, House of Love ou Pale saints étaient classés dans la case Shoegaze, sorte de pop indie à base de guitares et voix éthérées.

Il faut dire qu’en 1991, je m’apprêtais à quitter le monde polissé de la gratte harmonieuse et vaguement noisy pour celui du grunge et du gros riff qui tâche. Tad et Helmet s’apprêtaient à botter le cul à tout le reste de cette troupe un peu trop tiède pour le mâle que j’étais en train de devenir. Mes cheveux poussaient dans tous les sens, mes chemises de bûcheron sentaient de plus en plus la sueur et mon appartement ressemblait de plus en plus à un squat.

J’étais déjà bien loin de l’époque où j’allais au concert des Pixies pour voir les Pale Saints en première partie. J’étais prêt à renier mon passé aussi récent fût-il et à casser du British popeux à la tronçonneuse. Oui mais voilà, 1991, c’était il y a 25 ans et depuis deux ou trois choses ont changé. Je ne regarde plus le Pince de Bel-Air, je mange toujours des Granola mais je n’écoute plus de grunge. Par contre, j’aime toujours autant les guitares. Surtout si elles s’entremêlent, se superposent, jouent avec les pédales (delay si possible). D’ailleurs après toutes ces années, je n’ai jamais renié les géniaux et kitchissimes Chameleons, qui pour autant que ça me concerne pourraient tout à fait être les ancêtres non reconnus du fameux Shoegaze.

Alors voilà que, en cette fin d’hiver rugueux sur le tard, je m’entiche d’un groupe qui sonne comme un rappel de cette époque, de ces combos qui étaient pour nous les enfants de la new-wave, des gars (et filles) un peu maniérés qui n’hésitaient pas à fricoter du côté gothique-pop de leur cause, quand ils ne passaient pas leur temps à se cacher – maquillage des voix autant que des visages – derrière une tonne de reverb un peu cracra. Je me demande même s’ils n’avaient pas des cousins en France du côté de la « Touching pop », Little Nemo, Mary goes round ou Asylum party.

Bref ! voilà qu’un groupe, Diiv, fait parler de lui en ce début d’année, dont on me dit qu’il est un pur produit du revival shoegaze. A priori tout sauf un évènement mais voilà, cela fait des mois et des mois que je n’avais pas été aussi accro à un album. J’écoute ce Is the Is are en boucle, je me réjouis de ses tubes sucrés, je guette les dates de concert et je me vois déjà fermer les yeux et pigeonner en silence au fond de la salle quand le groupe entonnera Bent ou Take your time, quand les guitaristes commenceront à faire sonner leurs grattes comme des cloches delay, quand elles se répondront, rebondiront sur les murs et que j’aurai 20 ans à nouveau pendant quelques instants.

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