Des larmes sous la pluie – Rosa Montero

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J’ai toujours su que j’étais mortel.

Je n’avais aucune idée du livre que j’avais décidé d’ouvrir. J’avais acheté la suite à l’automne, sans même savoir que c’était une suite. Un éditeur que j’apprécie, un roman d’anticipation teinté d’un brin de métaphysique (de comptoir sans doute mais ça me va très bien, moi qui passe le plus clair de mon temps accoudé au comptoir) la vie, trop courte, la mort inéluctable…

Je ne savais rien de Rosa Montero dont le roman précédent L’idée ridicule de ne plus jamais te revoir avait quand même excité ma curiosité –pour une fois qu’un titre à rallonge…Bref ! J’ai eu envie de me plonger dans l’univers futuriste de l’écrivaine espagnole. Et avant de lire la suite, je me suis dit que j’allais lire le début. Malin.

Nous sommes au XXIIème siècle, pas si loin devant nous finalement, et l’irréparable a été commis. Nous nous sommes clonés. Nous avons reproduit des êtres spontanés, des répliquants, reps, copies humaines quasi parfaites mais hautement périssables qui finissent toutes par dépérir et mourir dans des souffrances lamentables après quelques années, de la fameuse TTT –Tumeur Techno Totale- sorte de de cancer généralisé accéléré. Les reps cohabitent avec les humains, aussi bien que Dupont Lajoie avec son épicier arabe et les choses se gâtent quand certains reps commencent à perpétrer des actions violentes, qui font monter dans la population des accès de xénophobie, qui ne sont jamais loin de rappeler des choses plus contemporaines. Bruna Husky est une rep  de combat, sexy et tourmentée, qui se met en quête de vérité et cherche à savoir ce qui se cache derrière les crimes violents de ses congénères OGM déboussolés. Ça déconne velu à Madrid et les reps commencent à se demander s’ils ne vont pas être victimes d’un vilain génocide de la part de ceux-même qui les ont créés. La folie humaine fait donc encore la loi en 2100 dans un monde aseptisé, ouvert malgré lui aux autres galaxies, où Marion-Marine Trump s’appelle Hericio, où les pays ont disparu au profit des Etats-Unis de la terre, où on téléporte à tout va vers d’autres planètes, parfois trop, quitte à créer des mutants pas complètement téléportés (manque un bras, une oreille, un œil), bref un joyeux bordel futuriste aux préoccupations étonnamment contemporaines. Des larmes sous la pluie, malgré quelques longueurs est effectivement (comme cité en 4ème de couv’) le digne prolongement du délire génial de Philip K Dick et de Paul Verhoeven dont le Blade Runner est allé jusqu’à inspirer le titre. Bien, voire très bien. En tout cas je me réjouis de me laisser la possibilité de lire la suite et de retrouver la détective Bruna Husky… dès que j’aurai envie de quitter notre monde apaisé et ensoleillé.

Des larmes sous la pluie, Rosa Montero, éditions Métailié

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