Le poids du cœur – Rosa Montero

Le poids du coeur

On n’entendait que ce couic-couic et le tintement des vis d’une pauvre androïde dont personne n’avait accompagné la fin et que personne n’avait pleurée. Des vies de mascarade, des morts misérables.

Ouaip…J’avais fait connaissance avec Bruna Husky le mois dernier. La rep de combat, héroïne Des larmes sous la pluie, le premier roman futuriste de Rosa Montero. J’avais aimé cet univers à la Blade Runner où les replicants hautement périssables côtoyaient les humains et quelques extra-terrestres égarés dans un monde en pleine déliquescence. Pas de la grande littérature, pas non plus un truc onirique post-nucleo-poétique à la Volodine mais une histoire qui se tenait vraiment, des personnages pas inintéressants, et puis cette rep de combat, Bruna, obsédée par sa mort programmée trois ans plus tard. De la bonne lecture estivale, pas dénuée de finesse qui m’avait poussé à acheter la suite, le récent Le poids du cœur –Vilain titre, de style saga estivale TF1 des années 90 – où on nous promettait de retrouver Bruna la rep dans de nouvelles aventures galactico-psychologico-instrospectives.

Parce qu’il faut bien se le dire, Bruna, dont la nature artificielle voudrait que ses états d’âmes approchent du néant, est en fait une boule d’émotions qui passe sa vie à faire le décompte des jours qui lui restent en se posant et reposant les mêmes questions existentielles, Qui suis-je, d’où viens-je et où vais-je ? Détective privée, Bruna enquête sur des disparitions et se retrouve mêlée, bien entendu, à un vaste scandale post-nucléaire qui la fera voyager, non seulement sur la terre, dans des contrées oubliées voire effacées de notre planète, mais aussi sur Labari, sorte de satellite artificiel lui aussi, où vivent 700 millions d’humains –plus ou moins, le recensement n’est pas précis…- au cœur d’une dictature religieuse et spirituelle qui pourrait passer pour un mélange inquiétant de toutes les dérives totalitaires connues, le côté République Islamiste étant sans doute la caricature la plus évidente. Mais qui regarde bien pourra aussi y voir l’ombre de Ron Hubbard voire de Game of Thrones dans une scène où Bruna joue bien malgré elle les Arya Stark en pleine initiation stoïciste…Soit.

Entre temps, Bruna tombe amoureuse de son ostéopathe/ sophrologue, se rend compte qu’elle n’est pas unique –après tout c’est un clone, un modèle de série- et rencontre un de ses doubles, est poursuivie par une veuve noire et par le commissaire Lizard, son ex, dont elle ne sait plus s’il est digne de confiance ou pas, s’entiche d’une gamine russe caractérielle et continue à picoler du vin blanc dès qu’elle a cinq minutes.

Bon… je ne me suis pas régalé. J’ai lu très vite, pas sans plaisir mais je me suis parfois dit que ce roman était un peu décousu, qu’il partait dans tous les sens, que le scénario était souvent prétexte à digression. Les mondes que Rosa Montero décrit sont bien sûr intéressants, mais pas si originaux et le chaos qu’elle évoque sur une terre unifiée au gouvernement global corrompu, évidemment, et secoué par des guérillas ultra nationalistes ou ultra religieuses n’a malheureusement rien de surprenant. Rien du tout. Reste un plaisir paresseux à tourner les pages, le même, coupable qui te fait regarder, très tard, une pauvre série mal doublée sur TF1 ou M6 un soir de déprime dans un hôtel Ibis …voilà, voilà.

Le poids du coeur, Rosa Montero, éditions Métailié

 

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