Sweet world – Braids

 

braids-companionep-640x640

La caricature est facile. Et très tentante à priori. Braids, groupe électro canadien, originaire de Calgary et basé à Montréal a tout du combo de geeks, dopé aux algorithmes, sponsorisé par Casio et Texas Instrument. Leur musique est à première écoute, froide comme un hiver dans l’Abitibi-Témiscamingue, leur look, vraiment pas punk, pourrait évoquer un séminaire de jeunes militants LR de retour des JMJ– surtout les garçons – quant à  Raphaelle Standell-Preston, à l’instar de Liz Fraser des Cocteau Twins, disons qu’elle a tout misé sur sa voix. Mais ne nous arrêtons pas aux détails ou nous finirons par n’écouter que les BG de ce monde et Dieu (qui ?) sait que belle gueule ne fait pas belle voix, surtout sans autotune. BREF ! J’adore les Braids depuis une paire d’albums déjà et bien entendu, ça n’a rien à voir avec leurs origines canadiennes- Pays vénéré – Dois-je rappeler que le Canada a aussi vu naître Céline Dion, Garou et Justin Bieber ?

Les Braids donc, jouent avec leurs ordinateurs et tournent autour de la voix magique de Raphaelle. Et leurs mélodies, qui pourraient apparaître froides et désincarnées à certains, proposent par moments des envolées synthétiques qui n’ont pour moi aucun équivalent à l’heure actuelle. La voix de Raphaelle me rappelle le meilleur d’Anneli Ann Drecker à la grande époque de Bel Canto et je me prends à fermer les yeux devant ces sommets délicats. J’avais adoré le titre Ebben il y a deux ans et je découvre Companion, un EP qui m’accompagne depuis quelques semaines déjà. Sweet world (vieux titre que je ne connaissais pas) passe en boucle et Suzanne me demande, « C’est la douce, papa ? Oui mon lapin, c’est la douce ».

Tout est là dans ce live enregistré en studio. Sweet world y est rebaptisée 13 et on « profite », un peu étonnés peut-être, de l’absence totale de jeu scénique du groupe. Chacun joue sa partition, Raphaelle s’adresse au micro, presque gênée, Helmut/Taylor triture son ordi et Guy-Charles/Austin s’éclate à la batterie. Étrange atmosphère de chambre froide, un peu vide de substance. Raphaelle chante comme la Nicolette des premiers Massive Attack, bizarrement le batteur fait des merveilles dans un registre qu’on imaginait tenu par une boite à rythme, Helmut/Taylor tremble un peu sur ses boutons et puis soudain, tout ou presque s’anime.

Au bout de trois minutes, Raphaelle se met à bouger !! pas Madonna non plus mais, de fait, la chanson évolue, montée en puissance appuyée par un xylophone endiablé, batterie déchaînée (j’adore !!!) et puis soudain l’orgasme en direct ! furtive image surprise sur le visage d’un Helmut en plein effort sur sa machine. A voir au ralenti vers 5:28. Magique.

Je me moque bien sûr mais cette chanson tourne en boucle depuis des semaines sur mon mange-disques. La meilleure de l’année so far (à égalité avec The zoo de Fews). Alors qu’on se le dise, si tous les jeunes qui rentraient des JMJ avec une chemise bien repassée et une belle raie sur le côté me faisaient le même effet, on n’en serait pas là.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s