Tour de France – Rachid Djaïdani

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Ah. La. Purge.

J’aurais pu m’éviter ça quand même. J’aurais pu jeter un œil (même distrait, ça aurait suffi) à la bande-annonce. Tour de France, bouse de l’année, j’aurais dû passer mon tour, c’est tout. Je m’en serais tenu à Brice 3 et j’aurais ainsi évité de massacrer un film qui a certainement été écrit et pensé avec beaucoup d’énergie et de bienveillance.

Oui mais voilà, la bienveillance ne suffit pas, surtout là. Portrait d’une France finalement très humaine et pleine d’espoir, Tour de France pourrait pourtant bien véhiculer le message le plus important du moment. « Parlons-nous et évitons le populisme ». Une semaine après l’élection cauchemardesque de la mèche blonde XXL, ce plaidoyer pour une France diverse et unie, voire Une, avait tout son sens. Je me rassure et je me dis que c’est pour ça et uniquement pour ça que je me suis jeté dans la gueule (puante) du loup. Car malheureusement, bien malheureusement, Tour de France est une bouse tellement odorante qu’elle en couvre les effluves de petite fleur des champs dont le réalisateur a voulu parfumer son film. Ah là là (soupir gêné)…

Le pitch : Far Hook, jeune rappeur parisien (d’origine kabyle, je sais c’est con de préciser mais c’est tout le propos du film…) dont la côte monte en flèche dans les milieux autorisés, dans son quartier quoi, est menacé par un rival très très méchant qui est prêt à tout pour prendre sa place dans l’ascenseur vers la gloire. Ah là là c’est embêtant car le méchant est vraiment méchant et très dangereux. Il faut vite cacher Far Hook qui n’est plus en sécurité dans son quartier !

Alors son producteur a une idée géniale. Il va l’envoyer en province chez son père avec qui il est en froid !  Et le rappeur beur va servir de chauffeur au vieux pour ce qu’il appelle son pèlerinage. Le père, c’est bien sûr Depardieu, gros raciste ahanant au souffle court et à l’insulte facile, mais passionné de peinture et qui veut partir sur les routes d’une France bucolique et carte postale pour reproduire des tableaux de Vernet. Une France des bons petits plats, des petits bistrots et des ports charmants, chantée par Serge Lama, même si à ce moment-là on a plutôt envie de penser à Didier Barbelivien et son magique  Quitter l’autoroute. évidemment Serge/Depardieu, déblatère façon FN sur cette France avec un F majuscule, une patrie qui part à vau l’eau, n’est-ce pas. Il n’est pas gentil du tout avec Far Hook, rabroue volontiers (en ahanant) et dit une tonne de méchancetés vraiment pas caricaturales du tout, sur tous les bougnoules du monde. Voilà voilà.

Bien entendu, le raciste va s’avérer pas si méchant que ça en fait et va même trouver dans Far Hook un fils spirituel tout à fait convenable. On guette le hug émouvant qui finit par arriver et on se réjouit car le générique de fin approche enfin, un générique qui finit de nous achever, Gérard Depardieu s’essayant misérablement au rap pour la deuxième fois du film.

Que dire ? Une succession ininterrompue de clichés pathétiques cuisinés à la sauce feel good. Je voudrais sauver l’intention, le sujet, mais ce serait malhonnête. Et puis cette image de Depardieu qui rappe la Marseillaise, ça ne passe pas. Tour de France vaut à peine un épisode de Joséphine Ange Gardien, je voudrais mentir mais je n’y arrive pas. Quant à la presse Télérama, Inrocks, JDD qui s’extasie…  Navet d’or 2016, même Brice s’en étonne.

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