Punk Rock – Mogwai – 45 chansons

mog

 

Le 29 octobre 2011,           PUNK ROCK                               MOGWAI

Post Rock : Musique de film d’auteur – genre Gus Van Sant période Gerry…sans film.  D’après Wikipédia, le Post Rock  est un genre musical « utilisant des instrumentations rock pour un résultat qui s’éloigne du genre et où les guitares sont utilisées pour obtenir des timbres et textures sonores plutôt que des riffs ».

Je comprends qu’on se méfie. On est loin des Ramones, des « One, two, three, four », des chansons de deux minutes vingt,  emmenées par des batteries tachicardiaques.

Le Post Rock prend son temps. Il installe une ambiance, il sollicite l’intellect. L’esprit comble lui-même les espaces vides. Les Pink Floyd, sans doute sans le savoir, étaient des précurseurs du post Rock. Ils savaient construire des chansons de 15 minutes avec de longs passages morts, des ponts interminables qui emmenaient leur auditeur ailleurs, dans une autre atmosphère, proche du rêve ou du cauchemar.

Mogwai est un groupe écossais, peu joyeux, assez loin de l’esprit soirée merguez au camping de Palavas. Le titre de l’album, Come on die young donne d’ailleurs la mesure de leur humour particulier, sans doute aiguisé par les années d’automne permanent, que le groupe a connues alors qu’il s’éveillait aux joies du larsen, dans la banlieue industrielle de l’infâme Glasgow.

Non, Mogwai n’est pas un groupe festif, mais je suis tombé dedans quand je suis rentré en France en 2003. J’avais moi-même une pêche phénoménale et un moral aussi bas que les nuages noirs qui encombrent le ciel écossais à longueur d’année.

PUNK ROCK n’est pas la chanson la plus représentative du groupe, beaucoup moins violente que les autres, mais elle est majeure, comme un livre ou un film peut marquer une génération.

Derrière une ligne de guitare simple, très mélancolique, on entend un discours, une déclaration. C’est en fait une interview, celle d’Iggy Pop en 1977 sur CBC, la première chaîne canadienne, sur laquelle le chanteur des Stooges, déjà une méga star à l’époque, accepte de répondre aux questions de l’animateur vedette, une sorte de Jean-Pierre Foucault local, en costume cravate, qui le reçoit sur son plateau, comme si Iggy était une bête de foire, un perturbateur incontrôlable, prêt à tout casser autour de lui.

Pendant un long moment, Iggy Pop se prête au jeu, répondant avec juste ce qu’il faut de provocation, aux questions un peu condescendantes de l’animateur. Et puis, alors que l’interviewer devient un peu plus ironique, faisant insidieusement passer le mouvement Punk, pour un charmant bordel finalement plutôt insignifiant, Iggy Pop, se lance dans une définition magnifique de la chose.

“I’ll tell you about punk rock: punk rock is a word used by dillitantes and ah… and ah… heartless manipulators, about music, that takes up the energies and the bodies and the hearts and the souls and the time and the minds, of young men, who give what they have to it, and give everything they have to it, and it’s a… it’s a term that’s based on contempt, it’s a term that’s based on fashion, style, elitism, satanism and everything that’s rotten about rock’n’roll.”

I don’t know Johnny Rotten (rires), but I’m sure… I’m sure he puts as much blood and sweat into what he does as Sigmund Freud did. You see, what sounds to you like a big load of trashy old noise, is in fact, the brilliant music of a genius, myself (rires).

And that music is so powerful that it’s quite beyond my control and ah… when I’m in the grips of it I don’t feel pleasure and I don’t feel pain, either physically or emotionally. Do you understand what I’m talking about? Have you ever felt like that? When you just couldn’t feel anything and you didn’t want to either. You know? Like that? Do you understand what I’m saying sir?

Ces mots, ” And that music is so powerful, that it’s quite beyond my control and ah… when I’m in the grips of it I don’t feel pleasure and I don’t feel pain” font partie des plus beaux que je connaisse. Ils sont une définition de la jeunesse, de l’énergie de mes vingt ans. Ça ne s’explique pas, ça se vit. J’espère seulement que je m’en souviendrai quand Alex aura vingt ans lui aussi…

 

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s