Inflammation – Eric Maneval

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Elle est partie, et surtout ne me demandez pas pourquoi. Ne me demandez jamais pourquoi, parce que je n’en sais rien et ça me rend fou. ça me rend complètement fou, alors merci, les enfants,merci de ne pas me demander.

Un court page turner made in Territori by La manufacture de livres. J’avais très envie de lire Inflammation dont on disait le plus grand bien. Une ambiance montagnarde, tendue comme celle qu’on imagine hanter les vallées emplies de taiseux méfiants. C’est vrai que j’ai fini par regarder la montagne de travers depuis Les revenants. Il y a un truc à la montagne, un truc plus fort que vous, qui vous emprisonne et vous contraint. C’est souvent difficile à expliquer mais au cœur des vallées, je ne peux en parler qu’en touriste, je ressens parfois ce malaise inexplicable, ce danger permanent qui se cache quelque part dans les parois qui encerclent un peu trop. Le silence est secret, forcément suspect.

Ambiance étouffante. Eric Maneval installe le malaise dès les premières lignes. Liz a disparu pendant un orage et Jean son mari, sans qu’il sache quoique ce soit, devine qu’elle ne reviendra pas. Tout est là, posé en quelques lignes. On sait qu’on vient, quasiment sans introduction de se prendre le drame en pleine gueule. Une mère de famille sans histoire a disparu, est partie sans prévenir et son mari en a l’intime conviction, elle ne reviendra pas. Plus tard, on retrouvera sa voiture dans la rivière, pas de corps. Et là commenceront les enquêtes. Celle des gendarmes et celle de Jean qui n’a jamais rien compris de Liz, qui l’a aimée béatement sans rien savoir de son passé et qui se doute aujourd’hui que c’est bien ce même passé qui est venu la chercher.

Thriller haletant – on ne lâche pas le livre – Inflammation m’a laissé un petit goût d’inachevé au fond du gosier. L’histoire, bien ficelée, aurait sans doute mérité que l’auteur prenne un peu plus son temps, qu’il relâche le rythme par moment pour permettre au lecteur de reprendre son souffle, pour l’installer encore un peu plus dans cette ambiance résolument inquiétante qu’il a su introduire. L’écriture d’Eric Maneval est simple, directe. Peut-être un peu trop ? L’auteur a choisi le sprint quand la richesse du scénario aurait peut-être exigé une course de demi-fond. Reste cette patte Territori, toujours inquiétante. Ces coins reculés, oubliés et menaçants, ces bouts de territoires qu’on a fini par délaisser et que les ombres ont envahi.

Inflammation, Eric Maneval, Territori, La Manufacture de livres.

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