Black wings – Tom Waits – 45 chansons

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Le 2 octobre 2011,                  BLACK WINGS                TOM WAITS

Tom Waits, c’est ma rencontre avec le cinéma et Jarmusch en particulier. J’avais plus ou moins vingt ans quand Night on earth est sorti. Et comme ma vie à la fac se résumait à quelques heures de présence par semaine, une présence des plus discrètes, je consacrais le plus clair de mon temps à la musique et à la découverte d’univers jusque-là inconnus.

« Les 400 coups », petit cinéma d’art et d’essais à Angers proposait une rétrospective Jarmusch en marge de la sortie de son dernier film. Il fallait bien occuper les longues après-midis d’automne, se laisser entraîner dans une fausse insouciance que le statut d’étudiant parvenait à prolonger.

Le cinéma de Jarmusch, c’était un peu l’apologie de la loose… Des mecs sympathiques, complètement paumés et un peu en marge, pas vraiment faits pour le monde dans lequel ils vivaient. Down by law, la première claque. En noir et blanc, lent, pas trop de dialogues. Tom Waits y était incroyablement fidèle à son image. Loser magnifique, alcoolo nocturne à la voix improbable et au visage buriné par des années d’errance. Il me faisait penser à Salvatore dans Le nom de la rose. Le film est un bijou de poésie qui vingt ans plus tard fait encore partie de mes deux ou trois films favoris.

Dans Night on earth, Tom Waits est partout sauf à l’écran. La bande son lui appartient et je connais peu de films dans lesquels la musique incarne autant l’identité d’un projet.

Bref, après avoir vu, Mystery train, toujours aux « 400 coups », j’ai commencé à m’intéresser de très près à Tom Waits, découvrant les albums les uns après les autres. Une œuvre un peu inégale marquée par des traits de génie.

Black wings, c’est la parfaite incarnation de cet univers torturé. Une mélodie hyper mélancolique, une voix d’outre-tombe. Ça sent le petit matin, les bouteilles de whisky éparpillées sur le sol. C’est l’Amérique des états du sud, la Louisiane, le rêve américain est passé à côté, Faulkner n’est jamais loin, Buskowski non plus.

Tom Waits, c’est l’ennemi de Mickey, l’anti Schwarzenegger, l’anti-héros par excellence. C’est la gueule de bois de l’Amérique. Et on a juste envie de cuver avec elle.

3 commentaires

    1. J’ai écouté un podcast sur Faulkner hier qui était hanté (le podcast, pas Faulkner) par La musique de Tom Waits. Du coup j’ai envie de me replonger dans un peu tout, Faulkner et Waits

      1. Ah Faulkner evidemment c’est culte ….. »tandis que j’agonise » …..
        Tellement de livres. …si peu de temps….

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