Hotellounge – dEUS – 45 chansons

deus

21 décembre 2011          DEUS                         Hotellounge

Un an à Nantes en 1996. Une année universitaire, la seule qui ait vraiment compté. Je voulais être prof d’anglais. J’avais été miraculeusement accepté à l’IUFM pour préparer le CAPES. Une véritable année d’étudiant, la dernière, la seule finalement.

J’habitais un bel appartement dans le centre, à deux pas du marché de Talensac et de la Tour de Bretagne. Un deux pièces charmant avec parquet, moulures mais aussi une salle de bains reliée directement aux égouts de la ville. Une horreur puante parfumée à la fiente des pigeons qui menaçaient d’y entrer dès que j’entrouvrais la fenêtre pour aérer.

J’ai passé cette année le nez dans les livres. J’ai lu, relu et disséqué Hamlet, David Copperfield et Moon Palace de Paul Auster, les trois œuvres au programme du cours de littérature. Pour la première fois de ma vie, j’ai vraiment bossé. Et j’ai aimé ça.

J’ai un souvenir très précis de mon bureau dans cet appartement. Il faisait dos à la fenêtre et j’adorais deviner la lumière qui baissait dans la pièce alors que je gardais le nez dans mes bouquins. Cette année-là, à l’automne, dEUS a sorti son deuxième album,  In a bar, under the sea . Je l’ai écouté pendant des mois et il incarne aujourd’hui la couleur de cette parenthèse un peu enchantée. Je ne peux pas le réécouter sans m’imaginer, seul, dans cette grande ville, dans cet appartement, enfin fier de moi et heureux d’apprendre.

Je voyais dans la lumière d’automne qui entrait par ma fenêtre, quelque chose qui ressemblait à un soulagement. J’appréciais enfin ce que je faisais, je ne perdais plus mon temps et je refusais de me noyer à nouveau dans l’insouciance et l’inconséquence de mes vingt ans…C’est donc d’une étape vers le passage à l’âge adulte dont il était question, même si  celui-ci allait encore mettre un peu de temps à se concrétiser. Quelques mois plus tard, j’envoyais tout valser, bouquins et études. Mais je savais enfin ce que je voulais.

Hotellounge, « I’m in love with Rickie lee Jones’ voice », 1996, l’année où dEUS a fait passer l’automne pour le printemps…

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