Have you forgotten -Red House Painters – 45 chansons

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Le 26 novembre 2011           Have you forgotten            RED HOUSE PAINTERS

 

Les chansons à l’imparfait.

“When we were kids, we hated things our sisters did…”. L’imparfait est le temps de la nostalgie. Pour qui aime ressasser les souvenirs d’enfance, l’imparfait est le seul temps qui compte.

Prenez Michel Delpech par exemple. Sa plus belle (qui a dit seule ?) chanson, Le chasseur, est un véritable plaidoyer pour l’imparfait de l’indicatif. « Il était 5 heures du matin, on avançait dans les marais couverts de brume, j’avais mon fusil dans les mains… ». Un vrai truc à faire craquer les moins sensibles des mâles…Un chasseur pourra même aller jusqu’à verser une larme en mémoire d’un fidèle compagnon aujourd’hui disparu.

Ecoutez Gérard Lenormand – je sais, ça peut surprendre, on est loin de Férré, de Brel, de l’écriture dite de qualité,  mais sa Michèle est un chef d’œuvre de chanson (mais qui a dit niaiserie ?)  à l’imparfait « Tu avais à peine 15 ans, tes cheveux portaient des rubans…je t’appelais le matin et ensemble on prenait le train »…Que ceux qui n’ont jamais été retournés par une chanson à l’imparfait me jettent la première pierre ! L’imparfait nous émeut, voire terrasse,  parce qu’il nous ramène à ce que nous ne ferons plus. C’est la verbalisation de la perte, une définition de la nostalgie.

Alors, ajoutez à ça une petite guitare folk, une voix chaude et sensible à la Francis Cabrel  -on dit Julien Doré maintenant – du Montana et le tour est joué. Surtout si le tout est estampillé « rock indépendant» -Red House Painters était signé chez 4AD, plus indépendant tu meurs. C’est vrai que si Natasha Saint Pier avait chanté cette chanson en duo avec Garou, ou Linda Lemay, j’y aurais sans doute été beaucoup moins sensible…c’est possible.

La chanson Have you forgotten est tirée de l’album Song for a blue guitar, une tuerie mélancolique sortie en 1996, qu’on écoute un jour de novembre à la campagne, le nez à la fenêtre,  entouré par un brouillard épais, observant les dernières les feuilles qui tombent  du vieil arbre au fond du jardin. Il est cinq heures, la nuit va tomber, on va prendre un petit chocolat chaud autour du feu et on pensera à tout ce qui ne sera plus. Bon, j’arrête, je me fous les jetons tout seul.

 

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