Une activité respectable – Julia Kerninon

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Aussi risible que ce soit, il y a 25 ans que j’écris, que j’essaye d’écrire des livres. Depuis qu’ils sont publiés, les gens estiment, légitimement, que tout va bien–mais je crois qu’ils ont oublié comment c’était avant, quand j’écrivais dans le vide, quand je sacrifiais à l’aveugle des choses immenses simplement pour pouvoir être seule et écrire.

Un petit livre, très court dont j’avais entendu le plus grand bien mais dont je ne savais finalement pas grand-chose. Je savais que son auteure était jeune et jolie, ça ne m’avançait pas beaucoup, qu’elle était nantaise aussi, qu’elle avait, avec deux romans au compteur, commencé à truster les prix littéraires. Voilà, c’était tout ce que je connaissais de Julia Kerninon. Et j’ai eu envie d’un peu plus, histoire de satisfaire une curiosité dont on ne sait pas toujours où elle va bien chercher sa source.

Une activité respectable ressemble à un autoportrait. Vous me direz, qu’est-ce qu’une jeune fille, aussi douée soit-elle peut bien avoir à raconter de si incontournable sur elle-même? Rien, ou pas grand-chose, ne vous attendez pas à un enchainement improbable de péripéties ou d’évènements traumatisants qui auraient jalonné la jeunesse de Julia K. Non, pas du tout, bien au contraire même. Julia Kerninon, à travers ces 65 pages très riches – oui c’est court mais c’est bon – nous raconte, tout en délicatesse, son amour des livres, de l’écriture, que ses parents érudits lui ont fait découvrir dès son plus jeune âge quand sa mère l’emmenait visiter la librairie Shakespeare et Cie, comme on visite un lieu sacré. L’apprentissage de la lecture puis de l’écriture, les premières années chaotiques sous l’ombre bienveillante des parents admirés. Il y a quelque chose de très sage malgré tout chez Julia Kerninon, malgré les passages borderline, malgré la marge qu’elle a dû effleurer pour grandir, pour se nourrir aussi et pour réussir à écrire comme elle le fait aujourd’hui. Une activité respectable n’est pas un roman, juste le chemin initiatique plutôt poétique qu’une jeune surdouée de l’écriture a choisi de nous raconter. ça aurait pu être totalement inintéressant, ça ne l’est pas…c’est bien, c’est frais, ça me donne envie de lire ses romans maintenant…

Une activité respectable, Julia Kerninon, éditions La brune au rouergue.

8 comments

  1. Forcément, ça se déguste comme un bon vin. Un peu trop court, peut-être. J’ai seulement un petit bémol, celui qu’elle n’ait pas abordé plus longuement ses lectures! Mais pour le reste: du bonbon!

  2. Ah, décidément, encore un éloge ! Je suis rarement conquise par les livres sur… le goût de la littérature. On en est un peu tous là (eh oui, un lecteur aime lire, même s’il n’en vient pas forcément à écrire). Du coup, il vaudrait mieux que je la découvre avec un roman, je pense.

  3. J’ai fait le contraire, j’ai d’abord lu « Buvard » et j’ai adoré! Je me suis alors ruée sur ce « petit » livre et j’ai aussi adoré. Je crois que Julia Kerninon vient d’entrer dans mes auteurs à suivre! 🙂

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