Arrêt non demandé – Arnaud Modat

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Jusque-là, j’avais toujours trouvé la force de pardonner à Aurore son 85 B. Pourtant, adepte comme tout un chacun de séries américaines mettant en scène des sauveteurs en mer, j’avais longtemps espéré me mettre en ménage avec une formidable paire de seins. Mais qu’advient-il de nos rêves d’enfants ? Je voulais aussi être pilote de chasse.

Il y a des lectures jouissives. Des lectures qui vous font oublier les petites échardes que vous n’arrêtez pas de vous enfoncer dans les doigts.   Arnaud Modat avec son roman « Arrêt non demandé » – pas vraiment un roman mais un superbe recueil de portraits – nous raconte avec un style et une verve à foutre à la retraite tous les champions du One man show, des petites tranches de vie, totalement foireuses, tragiquement pathétiques, aussi noires que les Idées noires de Franquin, dont on ne peut que se marrer de bon cœur alors qu’elles déroulent dans une ambiance apolyptico-pépère, des scénarios catastrophiques. De l’humour noir, de la poésie noire façon Alma – les mousquetaires seraient donc 5 à présent…

Il servait dans un caveau du centre-ville, le Mudd club, et avait naturellement développé la gueule troglodyte de l’emploi. Quand il m’arrivait de le croiser en plein jour, j’avais peur qu’ils mange mon enfant. Sinon, très sympathique.

Des mâles en souffrance, des familles plus que dysfonctionnelles, des grossesses repoussantes, du suicide érotique, la mort déguisée en hôtesse de l’air pas farouche, bien gaulée, un préposé au courrier du Père Noël ignoble et déprimé, La biographie approximative du plus anonyme des figurants de cinéma et ce bijou d’apéro-baston qui vous donne immédiatement envie de le relire, les plaies à peine refermées et le sang pas encore sec. Il y a du Raufast, du Dudek et du Siaudeau chez Arnaud Modat, normal on est chez Alma, mais ça faisait longtemps que je ne m’étais pas marré comme ça à la lecture d’un receuil de nouvelles qui traitent pourtant de tout sauf du bonheur… jouir de la souffrance ? « M’enfin » comme dirait Gaston, mais non ce n’est pas pervers…c’est salutaire.

Mes rennes vont bien, Joan. Merci de penser à eux. Nous avons été obligé d’en bouffer un, car ici aussi, la crise économique se fait douloureusement ressentir. Je te rassure, l’animal était malade et souffrait le martyre. Quelque chose au niveau des yeux, qui suaintaient du pus.

Arrêt non demandé, Arnaud Modat, éditions Alma.

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