Les comptes de ma tante Fé – Hans Magnus Enzensberger

41WVmHO9V4L__SX195_.jpg

Tu dois posséder quelque chose sur quoi la banque puisse mettre la main. Un bien immobilier ou un revenu assuré, comme celui de ton père. Pas un centime ne va à qui n’a pas de job. Ils veulent être sûrs que Franz pourra payer ses intérêts, et pas seulement les intérêts. Chaque année, il devra régler un certain pourcentage de sa dette envers la banque. Cela s’appelle amortir un emprunt et ça prend des années.

Was ?

Il fallait bien que ça m’arrive un jour à moi l’inconditionnel des éditions Alma, moi qui suis aveuglément les sorties de cette maison d’éditions à la délicatesse quasi-légendaire. Je n’ai pas aimé un livre Alma. Je suis passé totalement à côté de ces Comptes de ma tante fée, sorte de fable moderne sur l’argent, conte didactico-chiant sur la finance qui corrompt jusqu’à la moelle, jusqu’au cœur de l’âme et des familles. L’argent, concept immatériel avec lequel on joue, qu’on fait fructifier, qu’on s’amuse à faire grossir, qu’on perd, qu’on regagne dans un jeu de faux-semblants permanent.

Tante Fé est la vieille tante excentrique et très riche qui vit dans un hôtel cossu sur les bords du Lac léman et qui fascine ses neveux, à qui elle tend à expliquer la vie à travers le prisme de l’argent, ce fantasme absolu qui rythme nos vies, notre perception de la réussite voire du bonheur. Alors, oui, l’exercice auquel se livre Hans Magnus Enzensberger est intéressant. Intéressant et chiant à la fois. Oui, oui c’est possible. Et puis le bouquin finit par avoir un petit côté obscène (presque porno gonzo). La thune, le flouze, le pognon à toutes les pages, les actions, les banquiers, les intérêts les placements, les héritages, la vie est laide quand elle est vécue avec vue sur un compte en banque. Chiant. Je me suis ennuyé à en laisser tomber le bouquin par terre. Pourquoi je ne l’ai pas fait ? Parce que j’étais en avion, que je n’avais que ça à lire, que j’étais sauvé de temps en temps par une réflexion qui me faisait sourire et tourner encore une page…

Pour résumer je me suis fait chier mais je me sens un peu moins con peut-être. J’ai dit peut-être.

Papa m’avait mise en garde, il y a bien des années, contre cette catastrophe bourgeoise quel est le fait même d’hériter. Il avait raison.

Les comptes de ma tante Fé, Hans Magnus Enzensberger, éditions Alma.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s