A tous les airs – Stéphane Vanderhaeghe

72dpi-atouslesairs_plat1_ok

C’est là, au creux de ces imaginaires en berne, que, débauchée par les regards inquisiteurs balayant l’horizon de vaines conjectures, Agnès avec d’autres, parade encore, Lénore ou Olga, Angèle ou Rosa, comme prise au piège d’une trajectoire qui boucle autour du cimetière, car c’est là, oui, à ce qu’on se raconte, qu’on a bien dû pour la première fois la croiser, elle ou une autre.

Expérience. Mais c’était déjà le cas avec l’incroyable Charognards, le roman précédent de Stéphane Vanderhaeghe. Expérience, désorientation et jeu de piste. Ça tangue? C’est normal ? Tu sais plus où est l’Ouest? c’est voulu. Tu as une petite gerbe qui monte, comme si tu venais de vider cul sec le verre de Guignolet de trop chez une tante éloignée, un jour de Toussaint brumeuse ? Normal. Vanderhaeghe n’est pas venu pour le confort. Rien à foutre de la trame dramatique. Le scénario ? Quel scénario ?L’important c’est le verbe. Quitte à saouler.

Mais de quoi parle t’on? Pffff facile à dire et impossible à la fois. Insaisissable roman qui nous raconte une histoire de cimetière visité par une vieille dame, de corbeau (clin d’œil au roman précédent ?), de gendarme un peu poète, pas très testostéroné. On erre entre les tombes dans le labyrinthe que l’auteur a dessiné pour nous. On s’y perd. On confond les vieilles qui hantent l’endroit, on s’attache à leur passé et on se demande si Vanderhaeghe ne se foutrait pas encore un peu de notre poire et que si ça se trouve toutes ces vieilles n’en sont qu’une, si jamais il y en a une parce qu’on est sûrs de rien…

Juste une ombre; ou l’ombre d’une ombre qui se faufile entre les tombes.

Parce que ça parle très bien, que ça pérore, que ça s’envole, que ça prend à contrepied. On revient (encore !) en arrière, on relit des paragraphes entiers. Putain c’est bien écrit… et on reprend notre marche éthylique, un peu groggys dans les travées désolées mais bizarrement joyeuses de ce cimetière étonnant dont je ressors bourré comme quand j’étais gamin et que je prenais ma petite cerise à l’eau de vie chez la petite vieille du coin qui elle aussi passait son temps au cimetière a lécher le marbre de sa future maison. Damn, il y a des gens qui vous font voyager…

A tous les airs, Stéphane Vanderhaeghe, Quidam éditeur.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s