Talking in your sleep – The romantics

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A l’heure où la foule, comme un seul homme tatoué, se dresse au passage de la dépouille de l’idole rock  – je suis presque désolé de me sentir étranger au phénomène – je m’interroge. je l’ai toujours fait. D’où vient la source? D’où vient mon goût du riff et de la guitare saturée? Pas de Johnny, on l’a compris. Chacun son enfance, Johnny n’a jamais rien eu à voir avec la mienne.

Mon rock, lui, est arrivé sans prévenir, j’essaie justement d’en retrouver la source, mon Mont Gerbier des Joncs du headbang. Je suis déjà allé faire un tour du côté de Shine on crazy diamond, de Love like blood, mais hier soir, alors que je m’apprêtais à aller me coucher, dents lavées, pyjama à carreaux, petit verre d’eau, j’ai repris un petit coup de jus inattendu.

Un riff, un seul comme une madeleine trempée dans le thé à Combray qui m’a ramené instantanément à ma pré-adolescence, à mes onze ans, 1983, année nuageuse entrecoupée d’éclaircies et d’un passage lumineux, l’arrivée du rock à la ferme, par une toute petite porte.

Talking in your sleep, the Romantics. Il faut bien un début… Je n’étais prêt ni pour les Ramones ni pour Sonic Youth. Ils jouaient déjà depuis un moment pourtant mais mon petit ruisseau qui allait devenir un fleuve avait besoin de trouver son chemin. Alors j’étais en 6ème et cette chanson un peu sucrée et sa guitare entêtante – c’est comme ça que je la percevais en 1983 – me transportaient, m’emmenaient sur une voie royale et je crois bien m’être imaginé guitare à la main – une raquette de tennis de plage noire en fait, balle jaune en mousse – jouant ce Talking in your sleep, déchaîné, devant une foule immense en délire.

Je regarde ce clip ce matin, éffaré. Je ne l’avais jamais vu. J’aurais été dingue si je l’avais visionné à l’époque. Le côté sexy aurait bien sûr éffacé le versant rock ou l’aurait peut-être sublimé, je ne sais pas, la bête, celle-là, n’était pas encore consciente d’être née en 1983…Mais ce clip…cette ode au kitch et à la choucroute capillaire, un chef d’oeuvre totalement 80’s, 100% glam, maquillage à la truelle, teint cireux, zéro sourire, le mauvais goût érigé en oeuvre majeure, j’adore.

Je viens donc de là, du début des années 80, de ce son qui me chatouille les tripes, à l’instar du Owner of a lonely heart de Yes ou encore une fois de Love like blood.  Il va falloir que j’assume. Bon je file faire mon brushing…

 

 

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